Celle qui s’était fait repérer dans la Twale…

La Femme coupée en deux se fait recruter par e-mail…

C’est paradoxal, non ?

Et toi, ami lecteur, si tu rêvais de te faire greffer un petit quelque chose, quel serait-il, à quel endroit voudrais-tu qu’on te le pose, et pour quelle raison ?

 

Si vous avez raté le début…

Pour ceux qui ne connaissent pas la Femme coupée en deux depuis le début, lorsqu’elle était vinsissiène… et qui veulent tout savoir sans rien payer (ce qui est bien normal), j’ai tout rapatrié dans les archives —> là, à droite…

Vieux papiers…

Parce qu’ elle m’a taggée sur ce sujet, je veux bien me prêter au jeu, et te montrer, ami lecteur, deux photos de la Femme coupée en deux lorsqu’elle était petite.

On ne se moque pas…

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit(été 1976)

Sur celle-ci, j’ai bientôt quatre ans, je tiens la main de ma grand-mère a qui l’on m’a confié le temps des vacances. C’est lors de la fête de Nissan, un village de ma région, d’après ce que ma grand-mère a écrit derrière la photo…

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit(1977 ?)

Celle-ci illustre la période (quelques mois après le décès de mon père) durant laquelle j’ai vécu chez l’oncle et la tante de ma mère,  Robert, Josy, et leurs enfants : Jacques, fils d’un premier mariage de Robert, Michel, que l’on aperçoit à gauche sur les genoux de son parrain, David, encore bébé… suivront plus tard : Catherine, Stéphanie (décédée de la mort subite du nourrisson), Ludovic et Romain…

J’ai de très doux souvenirs de cette période, nous habitions avenue du Pont Trinquat dans une cité achélème de trois bâtiments. Robert travaillait au marché-gare et Josy s’occupait de la marmaille, c’était une vie simple et honnête…nous n’avions pas le sou, mais il régnait dans cette maison beaucoup d’amour…

Michel et moi allions à l’école de la cité Mion…

J’avais écrit autrefois une note sur cette époque…

Cette photo a du être prise à l’occasion d’une (rare) visite de ma mère (la blonde sur laquelle on m’a obligée sans doute à m’asseoir…) Et puis un jour, lors d’une dispute familiale, celle-ci a préparé mes valises et je les ai perdus de vue.

Ce n’est que 16 ans plus tard que je revis Michel, lors d’une fête à la campagne chez une vague connaissance. Assis en face de moi à table, il me dévisageait depuis un moment.

- Tu ne serais pas [la Femme coupée en deux] par hasard ?

- Si ??

- C’est moi, Michel… tu me reconnais ?? (il avait une voix tellement émue…) Quand je vais dire ça à ma mère… il faut que tu viennes la voir !!

Et c’est ainsi que j’ai retrouvé MA Josy, presque inchangée malgré les aléas de la vie… et les autres, enfants hier, trentenaires aujourd’hui…

Les garçons dans les vestiaires…

La Femme coupée en deux n’aime pas le sport. Du tout. A tel point qu’elle n’a jamais existé pour les profs d’EPS de 4ème et 3ème. Pendant que ses compagnons d’infortune suaient comme des cochons à courir en zig-zag après un bête ballon (quand il y avait un ballon, car parfois il s’agissait juste de trottiner comme un couillon autour du stade…), la Femme coupée en deux s’entrainait au flipper…

Ah, le flipper… A l’époque des tout premiers monnayeurs électroniques, la combine consistait à introduire un piezzo dont on avait oté l’armature metallique, et remplacé celle-ci par un fil électrique dénudé sur quelques millimètres. Un cric-cric, une étincelle, et les crédits s’ajoutaient comme par miracle…

C’est ce qui valut à la Femme coupée en deux une gentille note sur un bulletin : « Mademoiselle [X] fréquente plus assidument le bar du coin que les terrains de sport ».  Nous ne nous  étendrons pas davantage sur la torgnole que sa mère lui donna, pour lui apprendre à fréquenter les lieux de perdition et de vice…

Aujourd’hui la Femme coupée en deux n’aime pas davantage le sport (c’est dangereux, c‘est loin,  y fait froid, c’es t tous des dopés, ça fait mal aux pieds…). Sauf sur le câble, où elle peut admirer de la testostérone ruisselante à cheveux longs.

Ami lecteur, sache-le, elle regarde le catch et la boxe en rigolant comme une baleine…(et aussi le ruguebi quand Sébastien Chaaaaabal est de la partie…)

Hmmm... Chabal !!

Et puisqu’on est entre copines, je t’offre une petite chanson de circonstance…hop !

Les garçons dans les vestiaires... mp3Clarika, « Les garçons dans les vestiaires »

Barbalala a dit (et de 4)

Barbalala a bien voulu adresser la parole à son pédiatre, c’est miracle. D’habitude elle hurle comme les sirènes du port d’Alexandrie, à faire fuir la juvénile clientèle qui attend son tour derrière la porte, (y compris ceusses qui ne savent pas encore marcher…)

Pourtant Dieu sait qu’il est beau, cet homme-là… (oui, quoi, ce n’est pas parce qu’on est au régime qu’on a pas le droit de regarder les vitrines de chez Fauch*n, hein…)

Et puis il met toujours un mot joli sur son carnet, il l’aime bien, je crois…

Il y avait vaccin au programme, elle était prévenue…mais de vaccin il n’y a eu point, car elle a une angine carabinée, il y en a de partout, dans les oreilles, la bouche, le nez… les joies de la vie en collectivité.

Barbalala a donc tendu son carnet de santé (fièrement « grabouillé », il y a quelque temps elle a contre-signé chaque visite, et coché « non » à la question « réagit aux stimuli sonores », mon oeil…)

Elle a bien voulu reconnaitre un cochon, une voiture verte, une poule et une maison, a bien voulu encore mettre des perles dans un petit flacon et le revisser, et s’est laissée examiner -presque- sans protester.

Elle lui a dit :

- Tu sais, moi je suis grande maintenant, je vais à l’école, tu’wa

- On fait pleeeeeeeeeeeeein de sozes à l’école

Au moment de payer, elle sort de mon portefeuille sa carte de médiathèque. Toute fière, elle lui dit encore :

- Ah ça c’est ma carte de meillathèque, tu’wa. Dessus y’a écrit [Barbalala]. C’est mouaaaah !!!

Dans le bus du retour, elle se tient debout, appuyée contre une barre. Une dame se glisse derrière elle, lui tournant le dos…

Ma Barbabelle me regarde, étonnée :

- Oh môman, t’as wu ? C’est à qui ce gros cucu, là ?

J’aime sa franchise, sa fraîcheur, ses airs sérieux, ses questions existentielles, son gros rire, ses bêtises, ses peintures…et son moulin à paroles qui tourne à 100 à l’heure…

Ce matin, impossible de la faire sortir sans une boite ovale en carton (très jolie, du reste, ornée d’un ruban rouge et d’un ours, cadeau de Ravissante Mamie) en guise de toque sur la tête. Je suis donc partie faire mes courses à Carrouf’ avec une hôtesse de l’air de la Compagnie des Nounours…

C’est chouette la vie de maman…

Je suis…

Je suis celle qui habitait la rue derrière chez toi. Je suis celle qui a aimé, au moins un peu et parfois si mal, presque tous tes copains. Je suis la fille de l’ascenceur. La fille, tu sais…

Je suis celle qui exulte et aussi celle qui claque les portes. Je suis celle qui ne dit rien mais qui n’en pense pas moins.

Je suis la Femme coupée en deux, je suis Sambre aux yeux rouges, tzigane insaisissable, je suis la fille du vent. La fille, tu sais…

Je suis celle qui ne t’appellera plus…

Monsieur…

Les passants sur son chemin
Soulèvent leurs galures,
Le chien lui lèche les mains
Sa présence rassure.
Voyer cet enfant qui beugle,
Par lui secouru,
Et comme il aide l’aveugle
A traverser la rue.
Dans la paix de son jardin
Il cultive ses roses…

Monsieur est un assassin
Quand il est morose.
Il étrangle son semblable
Dans le bois d’Meudon
Quand il est inconsolable,
Quand il a l’bourdon.
A la barbe des voisins
Qui le trouvent sympathique,
Monsieur est un assassin,
Je suis son domestique,
Et je classe ce dossier
Sous les églantines,
Je suis un peu jardinier
Je fais la cuisine.

Il étrangle son prochain
Quand il a le cafard,
Allez hop! Dans le bassin
Sous les nénuphars.
Et je donne un coup de balai
Sur les lieux du crime
Où il ne revient jamais,
Même pas pour la frime.
Sans éveiller les soupçons,
Aux petites heures
Nous rentrons à la maison,
Je suis son chauffeur.

Car sous son air anodin,
C’est un lunatique,
Monsieur est un assassin,
Chez lui c’est chronique.
Il étrangle son semblable
Lorsque minuit sonne,
Et moi je pousse le diable,
Dans le bois d’boulogne.
Le client dans une valise
Avec son chapeau,
Prendra le train pour Venise
Et un peu de repos.

Il étrangle son semblable
Dans le bois d’Meudon
Quand il est inconsolable
Quand il a le bourdon.
A la barbe des voisins
Qui le trouvent sympathique,
Monsieur est un assassin.
Je suis son domestique.

Vous allez pendre monsieur,
Je vais perdre ma place,
Vous allez pendre monsieur,
Hélas! Trois fois Hélas!
Mais il fallait s’y attendre
Et je prie Votre Honneur,
Humblement, de me reprendre
Comme serviteur,
Et je classerais ce dossier
Sous les églantines,
Je suis un peu jardinier
Et je fais la cuisine.

Thomas Fersen

Le Naufragé…

Fantôme hébété au milieu de la rue. Cheveux jaunes et hirsutes sous une casquette confite de crasse. Il est vêtu d’une veste effilochée et d’un pull beaucoup trop grand pour lui.

Il tape comme un sourd sur un banc avec une lunette de WC en plastique bleu vif.

Symphonie schizophrène…étrange concerto qui n’appartient qu’à lui, mais disons les choses comme elles sont, il casse les couilles à tous ceux qui attendent le prochain tram…

Chez Tati Jo, c’est en haut d’une pente abrupte, des immeubles tout carrés, avec des plaques de couleur sous les demi-fenêtres des cuisines. L’un bleu turquoise, l’autre vert, le dernier marron. Ils habitent dans le « vert », celui du milieu. Il y a là l’oncle Robert, gros et fort, qui travaille au marché-gare. Il ramène tous les jours des cageots remplis de légumes et de fruits à sa femme, qui les transforme aussitôt en ratatouille, en confitures, en tartes, en sauce tomate…
Il y a aussi le cousin David qui vient de naître. On l’aperçoit sur une photo, dans un couffin bordé de tissu couleur arc-en-ciel… 

Et surtout, il y a Michel…cousin adoré d’elle, parce qu’il est à peine plus jeune qu’elle, parce qu’il a des yeux de chat…parce que c’est le plus gentil de tous, celui qui ne dit rien. 
L’oncle Robert est l’oncle de la mère. 
 

La mère qui ne vient presque jamais la voir, pas un mot pour l’anniversaire, elle n’a pas le temps… 
Alors, insidieusement, Elle s’est mise à ne plus supporter le mohair bleu du pull, le parfum tubéreux, le blond platine de la mère. Son esprit a chassé malgré Elle, pièce par pièce, tout ce qui console les enfants. 

 
Heureusement, pour palier à tout cela, il y a le formica, les vaguelettes du dessus de lit, les ballons et les sucettes Chupa-Chups à l’épicerie de Mme Taraire, le couple de poupées espagnoles sur la télévision, la vie « populo », celle qui chahute dans l’escalier, les cris des mères qui rappellent au balcon leurs enfants pour la soupe… 
La vie dans sous ses éclats, aux odeurs simples et honnêtes comme celle du savon de Marseille… 

Jaune…

L’été, chez la tante Momo, on « fait les anchois » : on part à Sète en fin d’après-midi, chercher les poissons à la criée. On regarde les chaluts entrer au port ; l’affaire est vite faite, et les cageots s’empilent dans le coffre de la voiture. Si elle a été sage durant la transaction, elle aura droit à une glace (à l’italienne s’il vous plait, et à la vanille…).

Le lendemain, à l’heure de la sieste, elles se retrouvent à quatre, assises en carré autour de la table de la terrasse. Tante Momo dirige les opérations : elle donne des conseils aux petites « ça vient d’un coup tout seul –  mais fais doucement, enfin ! ». Tante Marie fait sa besogne avec indifférence, elle ne dit rien, ou presque. Elle pense à son mari…La cousine Christine -qu’on appelle ici la « kèque »*- pépie, elle a toujours quelque chose à raconter ou une colère à vider.

Il faut lever les filets en les gardant entiers, puis on les conserve dans du gros sel, ou on les couche bien rangés dans une marinade avec du citron et de l’huile d’olive, de l’ail ou du piment. On les garde au frais pour « l’apéro » de ces messieurs de la maison, tout au long de l’été… on les vend au kilo et « au noir » aux restaurants de la côte…

L’une des joies de l’enfance des petites fut de déguster ces anchois marinés du bout des doigts et à toute heure, la tête renversée en arrière et les yeux fermés, sous la caresse piquante et douce du soleil et de l’huile d’olive.

 

* Dans le midi, les gens ont gardé la tradition, comme partout autrefois, de donner des surnoms…

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