Celle qui te parlait d’amour…

Intérieur nuit, heure du goûter.

- Tu sais, môman, A., il m’a offert deux (appuyé) fleurs…

A. est un morveux au sens littéral du terme. Eté comme hiver, il trimballe une chandelle au bout de son nez qu’il lèche délicatement du bout de la langue.

- Hmm… il est peut-être un peu amoureux de toi… (il offre régulièrement des dessins à Barbalala, des bonbecs, des petites choses qu’il récupère ici et là…)

- Ben non (évidence) !!!

- Et pourquoi non ?

- Il me l’a pas dit. Quand on est amoureux, si on le dit pas, c’est qu’on n’est pas amoureux pour de vrai.

[une pause, elle avale une bouchée de gâteau]

- Et moi, je lui ferai pas d’obligation.

Lettre à la remplaçante de sa Majesté.

Oncques, chérie-chérie, il va falloir que tu t’habitues au us et coutumes de cette cabane, dans laquelle tu seras recluse pour une durée équivalente à un sixième de ton temps…

Avec plus ou moins de bonheur, selon ce que tu jugeras bon de faire des instructions suivantes :

- le portail de l’entrée s’ouvre le plus simplement du monde, avec un bon coup de latte, en tournant simultanément la clef dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Place soigneusement ton Stiletto droit sur l’empreinte déjà existante et fais attention à pas niquer ton nail-art à 35 boules contre le mur, il faut lâcher la clef en même temps que tu la tournes.

- la pendule de l’entrée retarde de cinq minutes. Ce qui te donne le temps d’aller t’enquiller un expresso à la terrasse du nid à motards, là, juste à côté. Oui, en terrasse, même et surtout en hiver, c’est une coutume locale.

- ça te permet aussi de partir à 25 au lieu de 30. Bah oui, t’es déjà arrivée en retard ce matin, tu conviendras avec moi que ce serait idiot de partir en retard cet après-midi…

- tu seras bien aimable et chatoyante de saluer le grand Bouddha qui domine le comptoir de la cuisine, et qui apporte au lieu sa part de sérénité… (si, si…)

- installe-toi confortablement, fais chauffer le café et la bécane, et…

- La boîte mail s’ouvrira dans environ 24 minutes et 18 secondes, si la bande passante veut bien laisser une voie de secours pour cycliste sur l’autoroute du grand Tout.

- ce qui te laisse juste le temps de décrypter les messages laissé sur ta Bible, sur des post-it, sur des tickets de caisse, qui s’éparpillent gaiement à travers le bureau, un festival de Rio miniature, rien que pour toi. C’est généralement intraduisible dans le texte, sauf si ta langue maternelle est le ouzbèque occidental.

- Dépourris les mails de la veille, imprime le reste, ou le contraire, fais comme tu le sens.

- Profites-en pour faire de même avec ta boîte mail, avant que la vilaine bande passante ne te reprenne d’un coup sec la misérable poignée d’octets qu’elle t’avait jetée avec mépris, gueuse !

-  Prends ta plus belle voix d’aéroport et appelle le boss pour lui annoncer les nouvelles du jour. Il n’entend généralement pas ce que tu dis, à cause du bruit des machines. S’il engueule quelqu’un dans le téléphone, ce n’est pas forcément toi. Fais la même chose qu’avec les messages écrits, tente de traduire par logique ou déduction.

- Sache définitivement que quoiqu’il advienne, il dira : « débrouille-toi, fais ce que tu veux ».

- Le fax. Fonctionne à merveille. C’est cette chose qui hurle comme une alarme de centrale nucléaire lorsque tu reçois un message en papier tombé de l’au-delà, tel le miracle de Nawël.

- Le téléphone : objet décoratif d’un goût très sûr (Jonathan & Jennyfer avaient le même), ne sonne jamais. Sauf erreur. Si toutefois cela arrivait et qu’on te demande quelque chose ou qu’on t’engueule vraiment à toi, faire comme avec le boss, traduire, dire oui-absolument-tout-à-fait-no-problémo-c’est-fait-depuis-après-demain-je-n’y-manquerai-pas-on-vous-rappelle-et-on-vous-dit-quoi.

- Aller faire chauffer un café et brûler un cierge dans la cuisine.

- Les gens : avec un peu d’expérience et de doigté (bonjour, Hot’…), tu arriveras à leur refiler la moitié de ton boulot. Toujours dire que tu es la remplaçante, même au bout de trois ans. ça émoustille la charité chrétienne qui palpite dans le petit coeur de chaque agent administratif (sauf celui de ta dévouée narrateuse).

- Attention, la méthode décrite ci-dessus ne s’applique en aucune façon sur le comptable.  La méthode alternative consiste à lui laisser un message sur son répondeur avec la voix de CatWoman-à-la-Villa-Rouge. ça émoustille la charité pas catholique qui palpite dans le slaïpe qui lui sert de coeur.

- Ne s’applique pas non plus sur ton autre collègue : Asiatique mais bizarre. Fais comme si tu ne le voyais pas. Et ne lui laisse pas de message sur son répondeur.

En échange de tes dévoués services, tu toucheras un salaire annuel équivalent au dixième du PIB du Burundi, mais tu auras la joie ineffable de voir quelquefois ton saint Patron en calbute, lorsqu’il se change dans ton bureau avant de se rendre sur un chantier. Fais comme si tu ne le voyais pas lui non plus. Oui je sais, c’est difficile de rester stoïque. Ne lui laisse pas de message grrrrrmiiiiaou sur son répondeur à quatre heures du matin. Même si tu as bu.

Tu pourras prendre tes congés comme il te sied de le faire, surtout si le motif de la demande est un voyage au bout du monde. Le boss aime voyager lui aussi.

Tu auras le droit d’emmener de temps en temps ta progéniture foutre le bordel dans le bureau   faire sagement un coloriage pendant que Maman blogue travaille, tu auras une cuisine équipée hi-tech et des gateaux pas toujours diététiques en self-service dans le placard du haut, une machine expresso italienne qui transforme le café Lidl-des-jeunes en nectar des Dieux, un jardin au soleil.

Faut juste savoir apprécier la vie en ermite, et avoir envie d’habiter un chalet de surfeur…

Ce qu’Elle ne pourrait …

acheter même en gagnant le méga-jackpot :

Elle pourrait acheter sa liberté, mais celle de personne d’autre.

Elle pourrait acheter un lit king-size, mais pas les heures de la nuit où Elle ne dort pas. (Il dit : chaque nuit, à quatre heures… ça fait longtemps ? Elle ne dit pas : depuis qu’il est parti… Elle dit : je ne sais pas).

Elle ne pourrait acheter le temps qui passe, ni les choses perdues, ni les amitiés véritables ou supposées l’être, ni les kilomètres, ni les gens, ni les vols qui prennent du retard, Elle ne pourrait racheter la faute de l’Autre, ni les siennes, Elle ne pourrait acheter la connerie des gens, ni la lâcheté des hommes, ni leurs vices et encore moins leurs vertus, ça ferait beaucoup, beaucoup trop… Elle ne pourrait acheter le pardon, Elle ne pourrait acheter la paix.

Elle pourrait acheter le silence, mais pas l’oubli.

 

Elle ne pourrait s’offrir un océan, avec juste un bateau, le sien, au milieu.

Celle qui faisait un tag (tiens ah ouais, tiens)

Madame Rose, là, elle lui a pas demandé son avis, mais on s’en fout un peu, hein ?

Que ferait ta Sainte Narrateuse si Elle gagnait à l’Euromachin ?

Tout dépend de la somme, parce qu’en fait, Elle a déjà gagné à l’Euromachin, mais tout juste de quoi se payer un pack de Cacolac ou un billet de cinéma à tarif réduit. Donc.

Si vraiment la somme était mirobolante, Elle commencerait probablement par un petit arrêt cardiaque sur image, puis Elle se ferait pipi dessus.

Une fois remise de ses émotions, Elle prendrait Barbalala par la main, et sauterait dans le premier vol pour la Thaïlande, où Elle s’achèterait une Zahia de barraque de malade, plusse un petit pied à terre sur les hauteurs de Bangkok pour quand Elle va faire du shoppaïng ou pour faire des fiestas entre gens de bonne compagnie.

Elle emploierait également une bonne partie de la somme en faveur de ceux qui en ont besoin, ici et surtout là-bas, pour l’éducation, entre autres.

Elle ferait fructifier le reste, lentement mais sûrement.

Elle ne dirait rien à personne ici et Elle ne reviendrait jamais.

Qui a dit que la liberté n’avait pas de prix ?

 

Quelle est sa plus grande fierté ?

Chaque fois qu’Elle parvient à surmonter ses peurs, chaque minuscule victoire sur Elle-même est une fierté en soi.

Celle d’avoir réussi à se faire une place, aussi petite soit-elle, parmi le peuple thaï, lorsqu’on lui a dit : « toi, il faut que tu reviennes… »

 

Sa dernière émotion positive :

Le sourire de Barbalala et ses bisous pégueux à la sortie de l’école.

 

Sa dernière bonne résolution :

Partir (oui, encore).

Arrêter de fumer (c’est pas gagné).

Aller voir ce que c’est que ce temple en construction qu’Elle a vu ce soir en rentrant.

 

Son rêve le plus réalisable :

Déménacher dans une jolie ville qu’Elle connaît un peu bien, à force, prendre une fois de plus la tangente, quoi…

D’ailleurs, tu-dis-rien-ça-reste-entre-nous mais Elle commence à se remuer les méninges en ce sens.

Parce que réaliser ses rêves, et changer un peu de vie, c’est devenu comme qui dirait une spécialité, chez Elle…

Celle qui voyageait comme ça…

Elle, ce qu’Elle préfère, tu sais bien, c’est voyager comme ça :

vuedavioncopie.jpg

(clic >> plus grand, plus beau)

 

Oui, Elle aime s’envoyer en l’air.

ça tombe plutôt bien, Elle a des stock-options chez A*rbus…

 

Ceci est une participation totalement désintéressée à ça…

Celle qui te faisait Nawël avant l’heure…

Oncques, chérie-chéri, voici donc que ta généreuse narratrice te donne les réponses et les résultats du concours qui te permettait de ouiner du bô cadal from Thaïland …

1. marque et modèle de l’avion avec lequel ta dévouée s’est envoyée en l’air :

Hotllywood est un connaisseur, pas de winglet = pas Abribus…

Il s’agissait d’un Boeing 777-600

Pivoine = 3

2. Nom du quartier universellement connu pour ses fêtes :

Khao San Road …

Pivoine = 3,

La Marmotte = 1

Andaf = 1

Faustine = 1

Carole = 1

3. JEATH =

Ce sont les initiales des pays ayant participé au conflit…
Japan, England, América, Australia, Thaïland and Holland.

Andaf = 3, les autres = 1 (dont le gentil Pascal, qui est guide touristique à Kantchanaburi…)

4. trois bâtons d’encens :

Le premier pour Bouddha, le second pour un moine, le troisième pour l’enseignement que tu reçois (on ne se fait pas d’offrande à soi-même…)

Pivoine = 3, les autres = 1

5. comment appelle-t-on les immenses plateaux circulaires à pieds bas, servant de table dans le Nord de la Thaïlande ?

[Khantoke] traditionnellement accompagné d’un spectacle dansant, représentant les différentes saisons de la vie montagnarde…

Pivoine = 3 (au taquet !), les autres = 1

6. combien d’”ethnies” montagnardes la Thaïlande recense-t-elle à ce jour ?

38… si l’on excepte les réfugiés du Laos.

Pivoine = 3, les autres 1

7. combien de variétés de riz sont cultivées en Thaïlande ?

33, cultivées en Thaïlande, sur les milliers de variétés de riz dans le monde.

Marmotte = 3

8. Quelle ville française baptisa l’une de ses artères principales “Rue de Siam”?

Brest

Andaf = 3, les autres = 1

9. combien de kilomètres de route, de Chiang Mai à Bangkok ?

647 km

Faustine = 3

 

Doncques, si l’on compte bien :

Pivoine = 15

Andaf = 10

Faustine = 9

La Marmotte = 8

Carole = 3

Océane = 1

Hotllywood = un truc gratifiant et furtif…

Votre dévouée vous remercie de l’avoir suivie, en espérant vous avoir fait partager un peu de sa passion pour ce bô pays auquel Elle est profondément attachée.

Pour ceusses qui veulent en savoir un peu plus sur la culture thaïe, >> le carnet de son premier voyage

A l’aune du précédent concours, Elle tient à récompenser TOUS les participants. Ainsi, posez vos coordonnées ici >> fce2@lavache.com en précisant bien : concours Thaïlande,

afin de recevoir vos cadals, mes agneaux…

 

[edit : la délicieuse Pivoine, ayant déjà gagné le premier prix lors de la Thaïlanderie du mois d’Avril, me sussure groovyment dans l’oreillette qu’elle attribue ses points de façon équitable, entre Faustine, la Marmotte, et Carole… ]

Citation dans le texte :

En qualité de winneuse, et comme je possède déjà des jolis lots du dernier concours, j’ai décidé en mon âme et conscience de léguer mes points comme suit:
5 points à Faustine
5 points à Marmotte
5 points à Carole
Que ceci soit écrit et accompli (comme dirait Yul Brynner (my love) aka Ramsès II).
Celui qui sait se contenter sera toujours content (Lao-Tseu)
(Juste je voudrais voir un truc de milk powder à quoi ça ressemble)
Thanks a lot.


#pluiedemacaronsalarosesurelle…

Amen.

10. Epilogue …

Partir tôt le matin en taxi rose, direction le célèbre MBK, centre commercial sur-dimensionné, faire un dernier shopping. On ira ensuite déjeuner à Chinatown. Acheter des tish parodiques (l’un d’eux annonce : « blowjob is better than no-job »… si tu piffres rien à l’anglais, Google saura te traduire…). Un autre pour le boss le plus gentil du monde (graissage de patte en vue d’obtenir une augmentation. Investissement : 100 bahts, soit 2,40 euros)

Se séparer à l’entrée de Chinatown. Ta dévouée a besoin d’être seule.

Assister à une scène surréaliste : il est midi, un employé vient poser un câble haute tension. Bobine de fil sur l’épaule, il grimpe sur une frêle échelle de bambou… branche son câble, descend, tire sur le câble à l’aide d’une perche, remonte sur le poteau suivant, branche l’autre extrémité du câble, laisse le surplus de fil pendouiller, et s’en va. Le tout a duré une minute et demi. Sans couper le courant. May pen ra’y… faut-il préciser qu’en Thaïlande, la notion de « prise de terre » est totalement inconnue…

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(clic = plus grand)

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(et voilà le travaaaail !!)

Se promener à pied dans Chinatown. Rencontrer deux faran’gs perdus dans la foule, tournant et retournant un plan dans leurs mains. Leur indiquer comment il faut lire les panneaux et l’endroit où l’on se trouve. S’installer sur des tables de fortune au milieu d’un trottoir et pia-piater deux heures durant en sirotant des litres de coca. Des Toulousains … ;) débarqués par hasard et qui découvrent Bangkok avec un étonnement qui fait plaisir à voir… Se revoir peut-être, pourquoi pas, ici ou ailleurs …

Prendre un taxi rose, qui ne sait pas comment aller à l’hôtel, malgré la carte de celui-ci, écrite en siam. Lui citer les monuments et les bâtiments officiels du quartier. Il parle tellement mal anglais qu’Elle ne comprend rien et finit par lui dire « kh’oun phùt phasà thaï, may kh’a ?* ». Il rit. Elle comprend nettement mieux ce qu’il dit. Il lui demande depuis combien de temps Elle vit ici…

Passer le temps des embouteillages à papoter et lui donner un cours de français. Sadùk** au possible : élève volontaire, mais pas doué. Ils se marrent.

Déguster une dernière soupe au poulet, dans un boui-boui installé sur un trottoir près de l’hôtel, au milieu de la circulation, en compagnie de Lucas et Tec Man. Respirer une dernière fois cette odeur indéfinissable que seule possède Bangkok, mélange saturé de gaz d’échappement, de bouffe, d’épices, de la sueur des hommes et de leur dévotion (de l’encens brûle toujours quelque part), de colliers de jasmin vendus aux feux rouges, de brochettes cuites au charbon…

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Le chauffeur prendra malencontreusement une artère dans laquelle il ne fallait pas s’engager. Embouteillage monstre sur la deux fois quatre voies perpendiculaire, rien ni personne ne bougera d’un centimètre durant une demi-heure. Le reste du groupe commence à s’agiter, prévoyant les conséquences en cas de vol manqué. L’une veut descendre et tenter de convaincre les quelques voitures derrière de reculer. Ta dévouée, Elle, s’en fout. Elle veut bien rester un peu plus au frais du voyagiste. May pen ra’y… ce qui explique aussi pourquoi les gars derrière ne reculeront pas. Pour un bangkoki, être bloqué dans un embouteillage est de l’ordre naturel des choses et il n’y a pas de quoi s’énerver. Fallait juste pas que tu t’engages dans cette rue à cette heure-ci. Et dans la mesure où il est dans la même galère que toi, il voit pas pourquoi il reculerait.

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Des gamins surgissent des boutiques alentour, zig-zaguant entre les voitures pour vendre des beignets de banane… une autre session suivra, proposant cette fois-ci des canettes de boissons fraîches…

Voir un Thaï en colère est une chose rarissime. Et même dans ce cas, il ne lève jamais la voix, mais c’est tout aussi impressionnant. Shaeron insulte le pauvre chauffeur, qui se recroqueville sur son volant. Puis il traduit. Le menace de payer les billets d’avion de sa poche si l’on manque le vol. Le pauvre voit les dix prochaines années de sa vie défiler en accéleré devant lui.

Le périph’, enfin… qui dévoile la nouvelle gare ferroviaire ultra-moderne, déserte car dénigrée par les bangkokis, et puis Bangkok dans son aspect le moins seyant, des hôtels délabrés pour certains, des gratte-ciel à perte de vue, des immeubles en ruines, des autoroutes partout autour, le brouillard du soir qui tombe et qui estompe tout. Mais Elle, Elle te dirait qu’Elle trouve ça beau quand même, que c’est simplement autre chose.

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Enregistrer les bagages, parcourir la salle jusqu’à la douane en compagnie de Shaeron, qui ne sait trop quoi lui dire. Elle pleure.

Acheter des orchidées, des clopes au duty-free, embarquer, le plus vite possible. Prier pour qu’un volcan entre en éruption, là, tout de suite, et bloque l’espace aérien…  Ne pas se connecter à la caméra qui permet de voir le décollage en direct. Elle pleure, et ceci presque jusqu’à Abu Dhabi, où seul un message du héros du moment parviendra à la consoler.

Elle t’a pas dit, mais tu t’en doutes un peu… Elle repart bientôt…

* « Pourrais-tu parler en thaï, steuple ? »

** Sadùk = rigolo, amusant, étonnant

9. Chiang-Mai >> Bangkok…

Avoir le choix entre redescendre à Bangkok avec l’unique ligne de chemin de fer digne de ce nom du pays (on en a parlé ici), endommagée par endroits par la mousson, et prendre la route au taquet, de nuit, avec un chauffeur qui n’a pas dormi depuis vingt-quatre heures …

« May pèn ra’y », prendre la route. S’arrêter sur un curieux marché, au crépuscule, faire le plein de bouffe et de noix de coco fraîches, la nuit va être longue. Brochettes de poulet (il faut espérer que cela en soit) laquées, caramélisées, une tuerie.

Du coca pas light pour le chauffeur. Qui ne parle et ne piffre rien en anglais, pas un traître mot. Son épouse, avec qui ta Sainte narrateuse arrive à avoir de courtes conversations en thaï, non plus…

Faire les cons en regardant un karaoké local, sous-titré en siam, forcer le chauffeur et son épouse à manger des fruits, et tous les 100 km, annoncer « hon’g-nam, kh’o-thôt-kh’a* », prétexte pour aller se ravitailler en coca et red-bull dans une station-essence, persuader le bougre à boire l’un et l’autre, pour qu’il garde les yeux ouverts et nous ramène à Bangkok bien vivants.

Question concours : combien de kilomètres a-t-on ainsi parcouru au taquet durant cette nuit-là, de Chiang Mai à Bangkok ?

Arriver avec l’aube, épilogue, ne pas dormir et vite, repartir respirer la folie de Krungthep** qui s’éveille…

[...]

* »hon’g-nam » = les toilettes

« kh’o-thôt-kh’a » = steuple

** Krungthep = cité des anges, les Thaïs préfèrent nommer Bangkok ainsi. Pour en savoir plus >> ici…

 

Celui qui voulait vivre sa vie …

Oncques, chérie-chéri, tu sais à quel point ta Sainte Narrateuse a un faible pour les mauvais garçons …

(pour les seconds rôles qui parfois finissent par se réaliser, aussi…)

C’est ainsi qu’Elle a eu le plaisir, ô combien orgasmique, de rencontrer celui qui a toujours l’air d’un voyou, même quand il fait l’effort de mettre un costard… celui qui a des yeux d’un bleu amer indéfinissable, qui se dit « moche et con dans la vraie vie », qui sait rire d’un rien et qui écrit comme un kangourou…

C’était il y a cinq ans, lors de l’avant-première des « Poupées Russes »…

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Depuis, le bonhomme a fait du chemin. Quelque chose s’est passé avec le fils Audiard qui l’a un peu transcendé. « De battre mon coeur s’est arrêté » vaut très franchement le détour… même si le scénario aurait mérité d’être mieux ficelé. Mais au niveau du jeu, Duris fracasse tout.

En ce début d’hiver, il nous joue un roman de Douglas Kennedy, il veut vivre sa vie.

Soit.

Pété d’oseille, un métier qu’il aime, une femme, deux enfants, passionné de photographie, le gars a tout pour lui. Tout cela va basculer dans le néant en une fraction de seconde. Celui qui voulait vivre sa vie va voir son existence toute entière lui échapper totalement, irrémédiablement.

Rien n’est plus jamais pareil après

Il est ici question d’existence et d’identité, dans l’absolu.

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Duris dans la douleur est exceptionnel, tout en humanité…

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Niels Arestrup égal à lui-même, attachant, bordélique, alcoolo plus vrai que nature, mais plein de vérité… Les deux font très bien la paire… et cela se ressent.

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Que dire de plus ? Si ce n’est que bien après que la salle fut vide, ta dévouée narrateuse et l’Homme assis à côté d’Elle restèrent immobiles, silencieux, n’osant se regarder pendant de longues minutes…

(toute ressemblance etc…)

8. Ayutthaya – พระนครศรีอยุธยา -

(on en a parlé ici, la dernière fois…)

Le royaume d’Ayutthaya, gouverné par 33 rois successifs, fut l’objet d’une étrange relation avec la France : Louis XIV, après une première mission, devint aussi accro que ta Sainte Narrateuse et envoya une délégation, dirigée par François de Chaumont, avec l’intention de faire du Roi Naraï un allié. On dit même qu’il croyait pouvoir le convertir au catholicisme. (Pfff, nawak, hey, l’aut’…)

L’ambassade du royaume de Siam fut en retour accueillie par Louis XIV avec grand faste, et l’on s’en souvient de nos jours encore, puisque l’une de nos villes baptisa en cet honneur l’une de ses artères principales « Rue de Siam »…

Question concours : de quelle ville s’agit-il, ami lecteur ? (Ce n’est pas la capitale …)

L’entente cordiale en la France et la Thaïlande prit fin en 1688 avec la destitution du roi et l’expulsion de tous les étrangers du royaume.

En 1767, Ayutthaya fut détruite par les Birmans :  temples, hommes, statues de Bouddha,  furent pillés, brûlés, décapités.

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C’est ainsi que Bangkok devint la capitale de la Thaïlande…

Re-visite du parc historique, au pas de course parce que Shaeron, notre guide, n’a pas envie de causer vieilles pierres… « may pen ray », ta dévouée narrateuse connait déjà… c’est bien plus « saduk » d’aller à la rencontre des autochtones…

Acheter une sauterelle en feuille de bambou à un gamin haut comme trois pommes à genoux… lui offrir en supplément deux spéculoos emballés :  « kha’o, faran’g sét cake… » (quand on ne sait dire ni « biscuit », ni « Belge » en thaï, on improvise…)

Avoir le coeur serré lorsqu’il demande : « rakh’a th’a ara’y » * ?, en farfouillant dans sa menotte crasseuse à la recherche d’une pièce pour payer…

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Il observe le dessin sur le biscuit – un sourire – mord dedans, reconnait peut-être la cannelle – un sourire – « aro’y ! » (2.)…

Le petit marché sur la gauche est toujours là, acheter des crêpes à la farine de riz, translucides et douces, à accompagner impérativement d’une sorte de « barbapapa » ? aromatisée au durian, au taro, au safran… une tuerie dont il ne faut pas se priver, d’autant que c’est une spécialité locale que l’on ne trouve nulle part ailleurs.

Libérer une tortue dans le lac et faire un voeu…

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[...]

 (1.) « rakh’a th’a ara’y ? » = combien ?

(2.) »aro’y » = c’est bon (comme en français, s’emploie au propre comme au figuré).

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