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Archive mensuelle de novembre 2010

10. Epilogue …

Partir tôt le matin en taxi rose, direction le célèbre MBK, centre commercial sur-dimensionné, faire un dernier shopping. On ira ensuite déjeuner à Chinatown. Acheter des tish parodiques (l’un d’eux annonce : « blowjob is better than no-job »… si tu piffres rien à l’anglais, Google saura te traduire…). Un autre pour le boss le plus gentil du monde (graissage de patte en vue d’obtenir une augmentation. Investissement : 100 bahts, soit 2,40 euros)

Se séparer à l’entrée de Chinatown. Ta dévouée a besoin d’être seule.

Assister à une scène surréaliste : il est midi, un employé vient poser un câble haute tension. Bobine de fil sur l’épaule, il grimpe sur une frêle échelle de bambou… branche son câble, descend, tire sur le câble à l’aide d’une perche, remonte sur le poteau suivant, branche l’autre extrémité du câble, laisse le surplus de fil pendouiller, et s’en va. Le tout a duré une minute et demi. Sans couper le courant. May pen ra’y… faut-il préciser qu’en Thaïlande, la notion de « prise de terre » est totalement inconnue…

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(clic = plus grand)

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(et voilà le travaaaail !!)

Se promener à pied dans Chinatown. Rencontrer deux faran’gs perdus dans la foule, tournant et retournant un plan dans leurs mains. Leur indiquer comment il faut lire les panneaux et l’endroit où l’on se trouve. S’installer sur des tables de fortune au milieu d’un trottoir et pia-piater deux heures durant en sirotant des litres de coca. Des Toulousains … ;) débarqués par hasard et qui découvrent Bangkok avec un étonnement qui fait plaisir à voir… Se revoir peut-être, pourquoi pas, ici ou ailleurs …

Prendre un taxi rose, qui ne sait pas comment aller à l’hôtel, malgré la carte de celui-ci, écrite en siam. Lui citer les monuments et les bâtiments officiels du quartier. Il parle tellement mal anglais qu’Elle ne comprend rien et finit par lui dire « kh’oun phùt phasà thaï, may kh’a ?* ». Il rit. Elle comprend nettement mieux ce qu’il dit. Il lui demande depuis combien de temps Elle vit ici…

Passer le temps des embouteillages à papoter et lui donner un cours de français. Sadùk** au possible : élève volontaire, mais pas doué. Ils se marrent.

Déguster une dernière soupe au poulet, dans un boui-boui installé sur un trottoir près de l’hôtel, au milieu de la circulation, en compagnie de Lucas et Tec Man. Respirer une dernière fois cette odeur indéfinissable que seule possède Bangkok, mélange saturé de gaz d’échappement, de bouffe, d’épices, de la sueur des hommes et de leur dévotion (de l’encens brûle toujours quelque part), de colliers de jasmin vendus aux feux rouges, de brochettes cuites au charbon…

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Le chauffeur prendra malencontreusement une artère dans laquelle il ne fallait pas s’engager. Embouteillage monstre sur la deux fois quatre voies perpendiculaire, rien ni personne ne bougera d’un centimètre durant une demi-heure. Le reste du groupe commence à s’agiter, prévoyant les conséquences en cas de vol manqué. L’une veut descendre et tenter de convaincre les quelques voitures derrière de reculer. Ta dévouée, Elle, s’en fout. Elle veut bien rester un peu plus au frais du voyagiste. May pen ra’y… ce qui explique aussi pourquoi les gars derrière ne reculeront pas. Pour un bangkoki, être bloqué dans un embouteillage est de l’ordre naturel des choses et il n’y a pas de quoi s’énerver. Fallait juste pas que tu t’engages dans cette rue à cette heure-ci. Et dans la mesure où il est dans la même galère que toi, il voit pas pourquoi il reculerait.

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Des gamins surgissent des boutiques alentour, zig-zaguant entre les voitures pour vendre des beignets de banane… une autre session suivra, proposant cette fois-ci des canettes de boissons fraîches…

Voir un Thaï en colère est une chose rarissime. Et même dans ce cas, il ne lève jamais la voix, mais c’est tout aussi impressionnant. Shaeron insulte le pauvre chauffeur, qui se recroqueville sur son volant. Puis il traduit. Le menace de payer les billets d’avion de sa poche si l’on manque le vol. Le pauvre voit les dix prochaines années de sa vie défiler en accéleré devant lui.

Le périph’, enfin… qui dévoile la nouvelle gare ferroviaire ultra-moderne, déserte car dénigrée par les bangkokis, et puis Bangkok dans son aspect le moins seyant, des hôtels délabrés pour certains, des gratte-ciel à perte de vue, des immeubles en ruines, des autoroutes partout autour, le brouillard du soir qui tombe et qui estompe tout. Mais Elle, Elle te dirait qu’Elle trouve ça beau quand même, que c’est simplement autre chose.

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Enregistrer les bagages, parcourir la salle jusqu’à la douane en compagnie de Shaeron, qui ne sait trop quoi lui dire. Elle pleure.

Acheter des orchidées, des clopes au duty-free, embarquer, le plus vite possible. Prier pour qu’un volcan entre en éruption, là, tout de suite, et bloque l’espace aérien…  Ne pas se connecter à la caméra qui permet de voir le décollage en direct. Elle pleure, et ceci presque jusqu’à Abu Dhabi, où seul un message du héros du moment parviendra à la consoler.

Elle t’a pas dit, mais tu t’en doutes un peu… Elle repart bientôt…

* « Pourrais-tu parler en thaï, steuple ? »

** Sadùk = rigolo, amusant, étonnant

9. Chiang-Mai >> Bangkok…

Avoir le choix entre redescendre à Bangkok avec l’unique ligne de chemin de fer digne de ce nom du pays (on en a parlé ici), endommagée par endroits par la mousson, et prendre la route au taquet, de nuit, avec un chauffeur qui n’a pas dormi depuis vingt-quatre heures …

« May pèn ra’y », prendre la route. S’arrêter sur un curieux marché, au crépuscule, faire le plein de bouffe et de noix de coco fraîches, la nuit va être longue. Brochettes de poulet (il faut espérer que cela en soit) laquées, caramélisées, une tuerie.

Du coca pas light pour le chauffeur. Qui ne parle et ne piffre rien en anglais, pas un traître mot. Son épouse, avec qui ta Sainte narrateuse arrive à avoir de courtes conversations en thaï, non plus…

Faire les cons en regardant un karaoké local, sous-titré en siam, forcer le chauffeur et son épouse à manger des fruits, et tous les 100 km, annoncer « hon’g-nam, kh’o-thôt-kh’a* », prétexte pour aller se ravitailler en coca et red-bull dans une station-essence, persuader le bougre à boire l’un et l’autre, pour qu’il garde les yeux ouverts et nous ramène à Bangkok bien vivants.

Question concours : combien de kilomètres a-t-on ainsi parcouru au taquet durant cette nuit-là, de Chiang Mai à Bangkok ?

Arriver avec l’aube, épilogue, ne pas dormir et vite, repartir respirer la folie de Krungthep** qui s’éveille…

[...]

* »hon’g-nam » = les toilettes

« kh’o-thôt-kh’a » = steuple

** Krungthep = cité des anges, les Thaïs préfèrent nommer Bangkok ainsi. Pour en savoir plus >> ici…

 

Celui qui voulait vivre sa vie …

Oncques, chérie-chéri, tu sais à quel point ta Sainte Narrateuse a un faible pour les mauvais garçons …

(pour les seconds rôles qui parfois finissent par se réaliser, aussi…)

C’est ainsi qu’Elle a eu le plaisir, ô combien orgasmique, de rencontrer celui qui a toujours l’air d’un voyou, même quand il fait l’effort de mettre un costard… celui qui a des yeux d’un bleu amer indéfinissable, qui se dit « moche et con dans la vraie vie », qui sait rire d’un rien et qui écrit comme un kangourou…

C’était il y a cinq ans, lors de l’avant-première des « Poupées Russes »…

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Depuis, le bonhomme a fait du chemin. Quelque chose s’est passé avec le fils Audiard qui l’a un peu transcendé. « De battre mon coeur s’est arrêté » vaut très franchement le détour… même si le scénario aurait mérité d’être mieux ficelé. Mais au niveau du jeu, Duris fracasse tout.

En ce début d’hiver, il nous joue un roman de Douglas Kennedy, il veut vivre sa vie.

Soit.

Pété d’oseille, un métier qu’il aime, une femme, deux enfants, passionné de photographie, le gars a tout pour lui. Tout cela va basculer dans le néant en une fraction de seconde. Celui qui voulait vivre sa vie va voir son existence toute entière lui échapper totalement, irrémédiablement.

Rien n’est plus jamais pareil après

Il est ici question d’existence et d’identité, dans l’absolu.

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Duris dans la douleur est exceptionnel, tout en humanité…

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Niels Arestrup égal à lui-même, attachant, bordélique, alcoolo plus vrai que nature, mais plein de vérité… Les deux font très bien la paire… et cela se ressent.

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Que dire de plus ? Si ce n’est que bien après que la salle fut vide, ta dévouée narrateuse et l’Homme assis à côté d’Elle restèrent immobiles, silencieux, n’osant se regarder pendant de longues minutes…

(toute ressemblance etc…)

8. Ayutthaya – พระนครศรีอยุธยา -

(on en a parlé ici, la dernière fois…)

Le royaume d’Ayutthaya, gouverné par 33 rois successifs, fut l’objet d’une étrange relation avec la France : Louis XIV, après une première mission, devint aussi accro que ta Sainte Narrateuse et envoya une délégation, dirigée par François de Chaumont, avec l’intention de faire du Roi Naraï un allié. On dit même qu’il croyait pouvoir le convertir au catholicisme. (Pfff, nawak, hey, l’aut’…)

L’ambassade du royaume de Siam fut en retour accueillie par Louis XIV avec grand faste, et l’on s’en souvient de nos jours encore, puisque l’une de nos villes baptisa en cet honneur l’une de ses artères principales « Rue de Siam »…

Question concours : de quelle ville s’agit-il, ami lecteur ? (Ce n’est pas la capitale …)

L’entente cordiale en la France et la Thaïlande prit fin en 1688 avec la destitution du roi et l’expulsion de tous les étrangers du royaume.

En 1767, Ayutthaya fut détruite par les Birmans :  temples, hommes, statues de Bouddha,  furent pillés, brûlés, décapités.

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C’est ainsi que Bangkok devint la capitale de la Thaïlande…

Re-visite du parc historique, au pas de course parce que Shaeron, notre guide, n’a pas envie de causer vieilles pierres… « may pen ray », ta dévouée narrateuse connait déjà… c’est bien plus « saduk » d’aller à la rencontre des autochtones…

Acheter une sauterelle en feuille de bambou à un gamin haut comme trois pommes à genoux… lui offrir en supplément deux spéculoos emballés :  « kha’o, faran’g sét cake… » (quand on ne sait dire ni « biscuit », ni « Belge » en thaï, on improvise…)

Avoir le coeur serré lorsqu’il demande : « rakh’a th’a ara’y » * ?, en farfouillant dans sa menotte crasseuse à la recherche d’une pièce pour payer…

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Il observe le dessin sur le biscuit – un sourire – mord dedans, reconnait peut-être la cannelle – un sourire – « aro’y ! » (2.)…

Le petit marché sur la gauche est toujours là, acheter des crêpes à la farine de riz, translucides et douces, à accompagner impérativement d’une sorte de « barbapapa » ? aromatisée au durian, au taro, au safran… une tuerie dont il ne faut pas se priver, d’autant que c’est une spécialité locale que l’on ne trouve nulle part ailleurs.

Libérer une tortue dans le lac et faire un voeu…

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[...]

 (1.) « rakh’a th’a ara’y ? » = combien ?

(2.) »aro’y » = c’est bon (comme en français, s’emploie au propre comme au figuré).

Celle qui se faisait son cinéma …

Image de prévisualisation YouTube

On te fera un topo du film particulièrement bien torché, mais demain …

(un chef d’oeuvre, ou presque …)

7. Thaï Food (2)

Du Nord au Sud, la Thaïlande affiche des identités culinaires bien distinctes : au Nord, la cuisine fait la part belle aux herbes aromatiques (coriandre fraîche, basilic thaï…) et aux épices telles que la cannelle et la cardamome, que l’on fait cotoyer avec du puk paï, longues feuilles au goût puissant, pour confectionner des salades de viande marinée. Les Birmans ont introduit les nouilles frites trempées dans une soupe au curry et lait de coco, une tuerie dont tu n’as pas idée, amie lecteuse…

 On te les confectionne à la main et devant toi dans un resto sur les berges du Mékong…

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Quant au Sud, il se distingue par une cuisine très chargée en piment (prik). Les plats de poulet et de boeuf préparés par les musulmans (très présent dans la région) sont parsemés de cumin.

Quant à la sauce satay, à base d’arachides et de lait de coco, celle-ci est un héritage venu de… Malaisie. Le Sud du Sud, autrement dit…

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Le riz, naturellement, a sa place sur toutes les tables et à tous les repas. Il faut préciser qu’en Thaï, manger se dit « kin kha’o » (littéralement manger du riz).

Question concours : Sais-tu combien de variétés de riz sont cultivées en Thaïlande ?

Pour les repas des grandes occasions, les sauces et les pâtes sont servies à chaque convive dans des coupelles individuelles, et non collectives comme cela se fait habituellement. Absentes du menu quotidien, les sucreries composent des desserts qui tous, ou presque, iront plonger dans le lait de coco : billes de tapioca, chataîgnes d’eau, riz gluant et mangue fraîche, graines de lotus…

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Force est de reconnaître que nos goûts occidentaux en matière de desserts sont ici sérieusement bousculés…

6. Ceux qui vivaient dans le Nord [part II]

(La part I étant >>  ici…)

Séjourner deux nuits au Rimkok Resort, sur les berges de la Phayao…

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Se réveiller lorsqu’il fait nuit encore et vivre un moment de grâce devant la Phayao River qui s’éveille, paisiblement…

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Prendre la route vers le Nord.

Suivons ces moines qui s’en vont faire l’aumône, dès les premières heures du jour…

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Ils se dirigent vers une école. Où les enfants de tous les villages alentours s’instruisent mais pas seulement. Ils participent en totalité à la vie de l’école, font la cuisine à tour de rôle, prennent en charge les plus jeunes, balaient la cour à leur façon, mais avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir. L’école a été récemment équipée d’ordinateurs avec écrans plats grâce à un don du gouvernement, mais les élèves continuent de faire la cuisine sur des réchauds de fortune… Ces gosses sont à la fois comme les notres, et tellement différents : aussi friands de bonbons faran’g, aussi criants de vérité, mais aussi beaucoup plus disciplinés, plus « sages », en quelque sorte.

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Plus haut dans la colline, voici une mama sans âge qui s’avance. Elle baragouine à travers sa pipe des propos que je n’arrive pas à traduire, demande du feu pour rallumer sa pipe, dont elle fait tomber malencontreusement… une boulette brun-gris un peu poisseuse, à l’arôme puissant et sucré…

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Question concours, ami lecteur : combien d’ »ethnies » montagnardes la Thaïlande recense-t-elle à ce jour ?

Plus loin encore, de jeunes femmes trimballant des bébés plus ou moins crasseux, s’approchent pour mieux voir ce que ta dévouée narrateuse leur a apporté. Quelques vêtements trop petits de Barbalala, trois fois rien mais tout ce qu’Elle a pu, ce qu’il y a de plus chaud, car les températures baissent vite dans les montagnes, la nuit… Ce n’est pas suffisant, bien sûr… faudra revenir…

La mousson de cette année a fait des d’énormes dégâts…  Partout des campements de fortune sur le bord des routes nationales. Cabanes de bambou, où la vie s’organise malgré tout… Où plusieurs générations se côtoient et s’entraident dans un joyeux bordel, en attendant de pouvoir faire mieux et de pouvoir reconstruire leur maison.

La réponse à cette catastrophe naturelle qui a emporté le peu que possèdent les gens qui vivent dans le Nord, c’est ce sourire … et cette foi inébranlable en l’avenir…

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Le fameux « May Pèn Ra’y », qui résume à lui seul la philosophie des Thaïlandais…

5. Thaï Food

Il faut savoir que jusqu’au milieu du 19ème siècle, les Thaïlandais n’utilisaient que leur main pour manger. Il en est de même aujourd’hui encore pour manger le fabuleux riz gluant, que ta dévouée narrateuse te conseille vivement de goûter si l’occasion s’en présente pour toi…

Aujourd’hui on utilise cuillère et fourchette, et non pas des baguettes, nous ne sommes pas en Chine, ni au Japon. Point de couteau, car tous les aliments sont soigneusement découpés en petits morceaux, et puis les Thaïs, rappelons-le, sont des gens pacifiques… il y a sans doute de cela aussi.

Chaque matin, la ménagère fait cuire le riz gluant qu’elle a fait tremper la veille, et n’oubliera pas de mettre quelques poignées de côté, à l’attention du moine qui viendra sans doute lui tendre son bol. Le petit déjeuner, (arhan kha’o) comme le reste des repas, se compose d’une soupe au poisson (nam pla) de fruits frais, et de quelques boulettes de riz, éventuellement accompagné de thé, bien qu’en Thaïlande, ce ne soit pas, et de loin, la meilleure spécialité…

Vers midi, ou plus tard (les Thaïs mangent lorsqu’ils en ressentent le besoin, autre précepte de Bouddha), une assiette de kha’o pad thaï (nouilles frites, agrémentées de poisson ou de viande, d’oignons et d’aromates et de tout ce que l’on voudra bien y mettre) fera l’affaire, avec quelques fruits.

Il est de tradition de commencer chaque repas par un bol de tom yam (bouillon léger et très aromatisé, agrémenté ou non de fruits de mers ou de poisson, parfois de lait de coco selon les régions).

Vers 18 heures, on s’attable pour arhan yè’n : un bol de tom yam, un curry de viande ou de poisson, un plat de légumes sautés, du riz, une salade, le tout servi en même temps…

Ami lecteur, question concours : comment appelle-t-on les immenses plateaux circulaires à pieds bas, servant de table dans le Nord de la Thaïlande ?

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Les sudistes faran’g n’ont pas le monopole du barbecue :

Sur la route de Nakhon Sri Ayutthaya, s’arrêter pour acheter des crevettes géantes à pattes bleues (prix au kilo : environ 200 bahts, soit … 4,5 euros)

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S’arrêter un peu plus loin, où notre dévoué chauffeur, qui n’aime pas les crevettes, a désiré s’offrir son déjeuner … (prix au kilo : environ 50 bahts)

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Tu devines ce que c’est ?

L’était plutôt joli, le chauffeur d’ailleurs… (toute ressemblance etc…)

4. De l’importance des temples …

Plus de 90% des Thailandais sont fervents bouddhistes, ils passent une bonne partie de leurs week-ends dans les temples et souvent en semaine, de courts instants, dans un lieu de culte pour vénérer le Bouddha et prier les esprits.

Le matin de bonne heure sur le chemin du travail, à la pause déjeuner, le soir avant le retour à la maison, tous les moments sont bons pour les pensées spirituelles. Les croyants se retrouvent nombreux dans les wat, ou autour de simples temples de fortune, dressés sur les grandes avenues de Bangkok.

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On peut également voir un peu partout (y compris sur les parkings de stations-essence…) de petites maisons en bois finement ouvragées, ouvertes sur les quatres côtés, abritant des statuettes. La plupart des maisons individuelles thailandaises possèdent ces « maisons des esprits », garnies quotidiennement de fleurs et d’encens.

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Ici, à Bangkok, sur Rama IX Avenue, devant une « épicerie »…

Généralement, on offre à Bouddha une fleur de lotus, un collier de fleurs de jasmin (vendues trois fois rien sur les trottoirs de Bangkok et par des gamins au milieu des embouteillages…), trois bâtons d’encens, parfois une feuille d’or que l’on fixe sur la statue selon le voeu que l’on formule. A l’entrée des temples, on peut acheter un « pack » complet : fleur de lotus, bâtons d’encens et feuille d’or…

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Question concours : pourquoi trois bâtons d’encens, et pas un ou deux ?

(l’est raide, celle-là, hein…)

Et comme partout en Thaïlande, le souci de la nourriture ne se pose pas si l’on a un petit creux entre deux méditations :

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[Vendeuse de nouilles, sur l’estrade extérieure d’un temple. A offert à ta dévouée narrateuse trois oeufs durs… « kh’ao ! » *]

Il n’est pas rare également de voir les hommes porter une ou plusieurs statuettes du Bouddha (ou de saints bouddhistes) enchâssées et enchaînées autour du cou. Certaines ont des buts bien spécifiques. Par exemple pour faciliter les conquêtes féminines, pour se protéger des armes, pour éloigner les mauvais esprits, pour gagner à la loterie, ou simplement pour garantir son bien-être.

Généralement, les femmes préfèrent aller au temple ou fleurir leurs autels domestiques, mais leurs motifs ne sont pas moins désintéressés: trouver un bon mari, le conserver longtemps, fidèle et bienveillant, avoir une belle maison, avoir de beaux enfants, et ainsi de suite…

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* Kh’ao = manger. Il n’y a pas de conjugaison des verbes en thaï. Ici il faut le comprendre au sens impératif = mange !

White … – ขาว –

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La neige de la ville n’est qu’une illusion de netteté, où les passants pressés laissent leur trace, dans un bruit mat et mouillé. La neige de la ville est devenue un sorbet sale, qui ne durera pas sous l’insolence du grand soleil d’ici.
Elle a réussi à trouver la chaleur originelle et rassurante des draps, autre neige, unique, douce et pure. Elle a prétendu avoir de la fièvre. D’un geste péremptoire, l’infirmière sans âme lui a tendu un thermomètre. Il suffit de tapoter doucement et régulièrement le côté sans mercure contre la paume de sa main, pour que l’instrument affiche une température minimale de 38,5 °C, indispensable sésame pour être dispensée de gymnastique au grand air…
La peinture du mur s’écaille par endroits, dessinant une géographie qu’elle seule connaît par cœur.

En vérité, c’est d’une autre fièvre qu’elle souffre, impalpable, invisible, permanente… (incurable ?)

La magie du froid a transformé la vitre en papier calque, estompant l’univers et ses bruits. Magie qui matérialise en buée, comme les bulles des bandes dessinées, les rires des enfants et les mensonges des adultes…

Elle contemple la petite planète qui s’éparpille au fond de son verre en tournant sur elle-même, laissant dans son sillage de minuscules points de suspension, matière dispersée au goût amer-salé [comme les larmes].

Elle a lu dans les pages roses du Larousse : « qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ».

Alors oui, se couler en douce dans le cocon des draps anonymes, et oublier l’hiver…

Ceci est une participation autobiographique – écrite en mai 2005 –  au jeu d’écriture du blog à 1000 mains.

Merci à Marlène pour la finesse et la poésie de ses dessins…

 

 

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