Archive mensuelle de mars 2010

Celle qui cherchait les torgnoles…

[Intérieur jour, 8 h 40 mn, météo de mierda, lundi matin]

La Femme coupée en deux est pressée, comme tous les matins lorsqu’il faut emmener Barbalala à l’école, et courir, courir après le tram et puis le bus, et marcher pour arriver à l’heure au boulot. Le lot de tout le monde, en somme et cela lui convient…

Elle cherche ses clefs, tout en vérifiant qu’Elle n’a rien oublié et en répondant au hasard à Barbalala qui, malgré ses yeux pleins de sommeil, parle comme un moulin.

La porte de gauche du couloir s’ouvre sur des odeurs HLM, la voisine en pyjama l’interpelle :

- Hey, tu vas bosser ?

- Bah oui, je suis pressée, un peu…

- Je voulais te demander quelque chose..

Cliquetis, les clefs dans la serrure, vite, vite…

- Tu voudrais pas me brancher ma webcam, j’y arrive pas…

- Faudrait installer les pilotes, le CD qui était vendu avec (la voisine est une quiche en informatique, en partie comme bon nombre de gens qui ne prennent pas le temps de lire les notices ou les rubriques d’aide…)

- Ah oui…

- Voilààààà… excuse-moi, je file.

 

 ——————————————————-

 

[8 h 51, classe de Barbalala, rires clairs et cris d'enfants]

Tu-tu-tutututu-tutut [musique de portable stylée David Guetta fait joujou avec une BonTantPis]

- Euh… c’est S….

Bisous à Barbabelle, à ce soir Hiroshima-mon-amour…

- Je te propose un truc…

Si je t’emmène au boulot, tu me la branches maintenant, ma webcam ???

[Pitin, heureusement que J - 3...]

 

Celle qui allait s’envoyer en l’air…

Elle a reçu ses horaires de vol…

Décollage de la ville-de-Day à 7 h00 (il faut se présenter 3 heures avant…)

Le temps de vomir son petit-déjeuner et…

Escale de… 5 heures 30 ( !!) à….. Amsterdaaaaaaaam !!!! emoticone

[5 heures 30, ça doit bien suffire pour visiter un peu les coffee-shop canaux, non ?]

Parce qu’ensuite… 12 heures jusqu’à BKk dans un 747 (ouaaaaaaais !) (a pas peur) (mais si, mais non) (en même temps, y aller en bateau, hein…)

Elle est heureuse, elle verra de là-haut, le soleil se lever sur le premier matin du reste de sa vie…

La Fille en rouge…

La fille, tu sais, t’as pas rêvé… Elle est passée dans ton champ de vision une demi-seconde, la fille avec son pull à côtes rouge, ses ongles – un peu trop - rouges et son sourire en balançoire…

Elle ne s’est pas arrêtée lorsqu’elle a entendu – sans doute – ta voix dans le garage [et le grand blanc qui a suivi]. Elle a fait comme si.

Après coup Elle s’est dit qu’elle aurait pu, qu’Elle aurait du s’arrêter, griffonner un message au feutre rouge, le plier en forme de cocotte, et attendre un peu là où tu sais.

Mais non. Elle était pressée, Elle devait aller chez le photographe – ah le bel alibi ! – pour récupérer quelques images d’un mariage.

Lorsqu’Elle est revenue, tu n’étais plus là. Elle aurait du. Elle s’est mordu les lèvres. Jusqu’au sang.

Elle a attendu un peu là où tu sais… un peu longtemps… Elle avait froid dans son pull rouge, mais Elle s’en foutait. Un connard qui promenait son chien lui a fait un sourire, Elle a eu envie de le gifler. De filer un coup de latte au chien. Ou l’inverse. De se noyer.

Elle a farfouillé dans son sac -rouge- à la recherche de son paquet de clopes, Elle en a fumé un tiers de douzaine, en regardant les images que le photographe lui avait données. L’une d’elles a retenu son attention durant de longues minutes : on peut vous y voir, souriants comme des vainqueurs à la sortie de la mairie, main dans la main, entrelacées serrées. Derrière vous, une tante qui sourit aussi et deux gamins mal à l’aise dans leurs costards, un traître, et des inconnus.

Tu es à peine plus grand qu’Elle.

Savais-tu que les regrets pouvaient tenir dans 13 fois 18 centimètres ?

Conte cruel [& suite]

Voilà. C’est fini.

C’est aussi simple que ça.

Ce matin, tu t’es levé avant l’aube comme chaque jour, tu a inondé la salle de bains en sifflotant, tu as avalé ton café debout dans la cuisine par habitude. Seule ta bouche avant de partir avait un goût étrange, un peu acide, que je ne connaissais pas.

J’ai rangé le peu de désordre sur la table, allumé la télé, et branché le fer à repasser. J’aime les piles de linge bien calibrées, le linge trié crescendo par couleur, l’ordre, la netteté.

C’est en soulevant une pile de polos de sport dans l’armoire que je l’ai trouvée. Une enveloppe de la British Airways, bleue rayée de blanc, en diagonale. J’ai souri. Tu es décidément foireux pour faire les surprises… A l’intérieur, deux billets A-R…

New-York.

Un pour toi, un pour « elle ».

J’ai senti mon esprit chavirer.

Lorsque tu es rentré, j’avais enfilé ma plus jolie robe, dessiné un sourire un peu écarlate sur mes lèvres.

J’ai observé dans le reflet du miroir ton corps disparaître à moitié dans le doux crépitement de la mousse du bain, ton corps que j’ai tant aimé, dont j’ai apaisé toutes les fièvres, et que je ne céderai à aucun prix à une autre.

Ma main a dessiné un arc de cercle, l’espace d’une demi-seconde, et j’ai lâché le sèche-cheveux, en marche, dans l’eau tiède. « ça » a fait un bruit inattendu, tu as tenté de sortir de l’eau, dans un ultime réflexe de survie, éclaboussant les murs et le tapis en éponge. Je n’oublierai jamais ton dernier regard, de la même façon que je n’ai jamais oublié le premier…

J’ai terminé de me préparer, j’ai empoché les liasses que tu planquais un peu partout, entassé quelques affaires dans une valise, et j’ai filé à pied dans la nuit.

Direction l’aéroport. Destination je-m’en-fous, j’ai des biftons plein les poches. Je donnerai un énorme backshish au douanier s’il me demande d’ouvrir mon bagage. Je ne voudrais pas qu’on découvre ce que j’ai de plus précieux, la seule chose que j’aie voulu emporter de toi…

la20fille20bagage20mme20kevin.jpg

Ton coeur que j’ai arraché à mains nues, après avoir soigneusement découpé ton corps, ton corps que j’aimais tant.

Ton coeur que j’ai emballé dans du papier argenté et qui, ainsi,  m’appartient  pour toujours.

 

[Edit : une suite qui n'en est pas vraiment une, disons une idée comme une autre... parce que certains l'ont demandé... perso, je préfère sans.]

Demain matin, ton agent s’inquiètera lorsqu’il n’arrivera pas à te joindre, puisque tu devais faire une énième émission sponsorisée par Carpentier… chemises repassées au cordeau, paillettes, et starlettes trémoussantes… tu étais, en somme, la cocaïne du peuple…

Largement habitué à tes caprices, il viendra te supplier comme un con de lui ouvrir la porte, dépensera une fortune à téléphoner à tous ceux qui te connaissent, finira par appeler les flics, et bien plus tard, devant l’étendue des dégâts (tu avais raison, cette disqueuse était un excellent investissement), ils se mettront d’accord pour inventer une histoire bidon…

On verra sans doute mon visage ravagé de douleur sur les tabloïds, mais personne ne s’apercevra qu’il s’agit de quelques photos de la première fois où tu es parti avec elle, récupérées, dépoussiérées et multipliées à l’infini… De jeunes folles égarées se jetteront dans la Seine, et tu auras des obsèques nationales. La grande classe, quoi…

 

[Ceci est une participation (non autobiographique) au Jeu d’écriture du blog à 1000 mains…]

[et aussi, après coup, au mot du mois de Angelita…]

Ce qui s’est dit à demi-mots…

[Intérieur nuit, lumières feutrées, rires clairs de jeunes gens].

- Il a demandé des nouvelles de toi…

- ??

- Je lui ai dit que tu partais.

- Pourquoi ??

- Tu le connais, il a changé de regard, il a blêmi d’un coup… [sourire] [Elle savait si parfaitement -presque instinctivement- ce qu’il fallait dire, et de quelle façon, pour voir des orages passer dans ses yeux ] Il a demandé si tu partais … seule…

- Sans lui… [Un silence] Oui, sans lui.

Il l’observe. Il regrette déjà, lorsqu’Elle ferme les yeux une pleine seconde.

- Mais pourquoi ??

- Pour lui mettre une petite claque, pour qu’il regrette, un peu.

Elle se lève lentement, sort fumer une cigarette dans la rue. Pâle silhouette aux ongles rouge carmin, lève les yeux au ciel à la recherche d’une étoile, ne reçoit en réponse qu’une pluie fine, une pluie hypocrite, même pas une vraie mousson, avec de vraies gouttes bien lourdes… Une demi-pluie, avec laquelle Elle ne pourrait confondre ses larmes, si toutefois Elle en possédait encore.

Celle qui s’abi pas h’ou

- Toi pas s’abi h’ou…

- ???

[Elle pince légèrement son t-shirt] : - Toi, pas s’abi h’ou !! Pas y’ö, pas h’ou…

- Jaune ?

[Elle sourit] : – Oui, pas y’ö

- Parce que c’est une couleur « réservée » ? Aux religieux ?

[Sourire Thaï, avec les yeux]

Il faut savoir qu’en Thaïlande, les femmes n’ont pas le droit d’occuper les places assises à l’avant des « bus », places réservées aux moines bouddhistes, qui ne doivent avoir aucun contact physique avec elles. De même, si une femme souhaite faire une offrande à un moine, elle doit la déposer à portée de sa main, ou la donner à un homme qui transmet le don au moine…

Par ailleurs, au Japon, le jaune est considéré comme une couleur « insultante »…

Alors que chez nous, le jaune et le rouge sont fièrement arborés par les catalans -chers à son coeur-, jaune pour l’or, et rouge pour le sang des Rois de Majorque…

- Et pas h’ou… ça pas bôn. Toi pas s’abi h’ou, OK ?

Judicieux conseil, puisque le soir même, la Femme coupée en deux apprendra que Bangkok est devenue une mer de sang… « le sang du peuple thaï, versé pour la démocratie » , répandu par seaux entiers sur les murs du Parlement par les « chemises rouges ». Ceux-ci réclament des élections anticipées (prévues en 2011) et marquent leur soutien à l’ancien Premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d’état en 2006, pourtant accusé d’abus de pouvoir et de conflit d’intérêts lorsqu’il dirigeait le pays entre 2001 et 2006…

Le premier ministre actuel, Abhisit Vejjajiva (à tes souhaits), arrivé au pouvoir fin 2008 à la suite de désalliances parlementaires, possède, de son côté, le soutien de l’armée…

La Femme coupée en deux se demande quels effets aurait une telle action, si les opposants au gouvernement français se mettaient à faire couler l’hémoglobine sur les murs de l’Assemblée Nationale…

Elle s’inquiète de savoir si Elle va pouvoir partir (les manifestations étaient normalement prévues juste avant la Fête de l’Eau, après son retour en France…)

En tout état de cause, Elle n’emportera pas de vêtement h’ou dans ses bagages…

One touch, one day… [Only Blue]

ulujonlyblueii.jpg

Ceci est une participation nocturne et néanmoins totalement désintéressée à ceci…

Celles qui avaient ouiné…

… de quoi faire caqueter dans les cuisines !!

La Femme coupée en deux a été noyée sous une avalanche de poules, toutes aussi cocasses les unes que les autres…

imgp2932.jpg

C’est ainsi que ta dévouée narratrice a décidé de récompenser non pas une, ni deux, mais cinq vinqueuses parmi la trentaine et demi de participantes…

Numbeur wanne :

imgp2939.jpg

Virginie B Bravo, ma cocotte, tu as gagné les deux beaux livres que voici :

imgp2627copie.jpg

Numbeur twou :

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Faustine (attention, ma poulette, ton lien de commentaires est mal rédigé…)

Numbeur frwï :

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Zaza of Mars

Numbeur föör :

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Loupy

Numbeur faïve :

imgp2937.jpg

Chocoladdict (pardon pour l’orthographe…)

Vous recevrez, toutes les quatre, un sympatoyant quelque chose pour vous amuser dans votre cuisine… (faites péter vos adresses snail at lafemmecoupeeendeux@lavache.com)

Merci encore, mes chères cocottes, pour vos participations, ça lui fait chaud au coeur… elle en est toute pouleversée…

[Amie lecteuse, tu es déçue de ne pas avoir gagné cette fois ? Sache que la Femme coupée en deux conserve précieusement les jolis pliages... elle mijote le prochain concours, qui aura pour récompense quelques bondieuseries ramenées de Thaïlande... (si ça c'est pas du teasing, hein...) ]

(plus que 16 jours, prostipute, que c’est loooooong !!!)

Celui qui habitait en dessous…

Amie lecteuse, pour commencer la semaine sur une note gaie et un peu jazzy, une petite perle de Jeanne Cherhal :

Image de prévisualisation YouTube

Pom-pom-pom….

One touch, one day… [après l'école]

Amie lecteuse fashionita, ami banquier-mon-amour tu n’es pas sans connaître le goût immodéré de la Femme coupée en deux pour les fringues, chaussures, chapeaux, accessoires improbables, ces trucs que tu ne trouveras nulle part ailleurs que dans son dressing (de façon définitivement certaine, dixit Day…) (Quoiqu’à ce petit jeu, mais dans un autre registre, Chrys n’est pas mal non plus, il est bon de le préciser…)

C’est ainsi que Barbalala, dès l’âge le plus tendre (et cet âge-là n’a pas duré longtemps, tu peux le croire…) fut habillée de façon tout aussi improbable…

Le summum, selon Day, c’est ce gilet (probablement crocheté main par une généreuse et adroite mamie sous LSD), pour lequel la Femme coupée en deux a littéralement fondu sur Ebay… Gilet qui a remporté un franc succès aujourd’hui à l’école auprès de la maîtresse (oui, les gens sont d’une hypocrisie, ma pauvre dame !), authentique JésusKitscherie que la Femme coupée en deux conservera précieusement lorsqu’elle sera trop petite pour Barbalala…

ulujconcours.jpg

[Pouêt ci-dessus = plus grand]

 

 

Il ne t’évoque rien, ce gilet ?

Mais siiiii !!!!

 le Tapitouf’ !!!

« Tapitüf ? Késaco ? » te demandes-tu, les sourcils en circonflexe…

C’est ça, mon bon ami :

http://www.dailymotion.com/video/x5xdo1

 Ceci est la rocambolesque participation de ma Calamity Jane au concours que voici :

bidonetbiberon.bmp

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