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Archive mensuelle de novembre 2009

Tu t’es vu quand Tamiflu ?? (suite)

Elle va pas mourure tout de suite (la mauvaise herbe ne creuve pas aussi facilement…), elle va même mieux. Grâce à son copain le T’as-mis-flou, et aussi grâce à sa voisine si gentille mais dont le dévouement est limité à 10 mètres (à moins, la Femme coupée en deux est considérée comme contagieuse…) 10 mètres et pas 20 ou 30, va savoir pourquoi…

La paranoiaque voisine lui prépare de bonnes soupettes comme chez mamie, de petites choses délicieuses comme des escargots à la sauce piquante, qu’elle dépose sur le paillasson. Puis elle rentre chez elle, et téléphone à la Femme coupée en deux pour l’informer de la livraison du repas. Parce qu’elle n’ose pas utiliser la sonnette… et qu’elle ne veut pas toquer à la porte non plus. Elle n’a pas voulu non plus que la Femme coupée en deux lui rende un billet de banque qu’elle lui devait :

« Ah nonononon, car on m’a dit que la grippe A s’attrapait « au toucher »

« Oui, mais bon. Je me suis pas mouchée avec, non plus… je me passerai les mains au gel avant de te le donner »

« Oui, mais tu l’as touché en le sortant du distributeur »

« C’est vrai. Mais note que tout le monde brasse de la thune toute la journée… et que tu pourrais l’attraper aussi bien ailleurs. A ce compte, ne sors plus de chez toi… »

« Mais non. Les gens, quand ils ont la grippe, ILS N’ACHETENT RIEN…. »

CQFD…

Tu t’es vu quand Tamiflu ??

Ami lecteur, amie lecteuse, la Femme coupée en deux est en train de mourure…

En quelques heures hier, elle s’est sentie décliner, la fièvre et ses copines les courbatures, les incisives qui jouent des castagnettes, froid, mal partout.

1) Appel à SOS médecins :  »La ligne de votre correspondant est interrompue, nous ne pouvons donner suite… »

2) Appel au médecin de garde :  »Ah non, désolée, c’est une erreur, je ne suis pas du tout médecin… »

3) Appel au 15 : « Ah ben vous prenez du Dolipr*ne et vous irez voir votre médecin traitant plus tard… » [Merci ducon, je me suis enfilée 1,8 g d'ibuprof*ne et 1 g de par*cétamol avant de te déranger]

« C’est que… il y a deux ans j’ai eu les même symptômes, et il s’agissait en fait d’une grave infection pulmonaire… Pourriez-vous m’envoyer un médecin pour m’ausculter et me prescrire une radio ? Je n’arrive pas à joindre SOS médecins. »

« Ben non. On peut pas. On est samedi soir, vous savez… »

Tu as le droit de te faire vacciner gratuitement dans des conditions pire qu’en Roumanie, avec un vaccin fabriqué à la va-vite, mais si tu refuses, bien fait pour taggle, tu prends du Dolipouet…

Appel à D. , psychologue, ami et voisin, qui l’emmène à l’hosto sans tarder.

Dans la file d’attente, tout le monde se fait servir le même discours : « prenez du paracétamol, il n’y a que ça… et rentrez chez vous ». Elle insiste, on la garde, les autres derrière elle sont furax.

Attente dans une tente sanitaire (sur le parking !) elle avait cru au début que c’était le SAMU social qui avait campé là pour aider les SDF…

Mais une femme médecin très compréhensive, qui a pris le temps de regarder les radios et les analyses d’il y a deux ans, qui lui a fait passer une radio sans tarder, rien de bien grave si ce n’est un « petit nuage » au même endroit, qu’elle a jugé « normal ». Sa conclusion : H1 N1. Paf. Pour en être certaine, il faudrait faire le test : 90 euros non remboursés…

Prescription de Tamiflu (que tu paieras également de ta poche, ami lecteur, lorsque tu en auras besoin : 25 euros la boite de 10…) + deux antibios + un truc pour les bronches + des masques…

Le Tamiflu lui donne des vomissements (au prix où il est, elle se cramponne pour le garder, tu penses…) , elle continue à claquer des dents, à trembler, et même lorsqu’elle bat des cils, elle a mal aux yeux.

Elle est en train de crever, j’te dis… et elle est en colère parce qu’elle a à peine l’impression que cette histoire de grippe A n’est qu’un énorme bizness…

Celle qui ouvrait les tiroirs…(suite)

Cette fois ci, Elle a farfouillé dans les tiroirs de Monsieur Internet… et Elle a encore trouvé des images d’Elle qu’Elle ne connaissait pas…

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1979 : classe de CP, école Marie Curie. La Femme coupée en deux ne vit plus chez la famille Formica, mais chez sa mère qui s’est remariée entre-temps… Un changement radical… C’est curieux, Elle ne se souvient absolument pas d’avoir eu pour institutrice une naine !! Elle se rappelle cependant de la Directrice, une connasse bourgeoise ultra-conservatrice au profil de sphinx, qui lui trouvait « mauvais caractère ».  Le petit garçon aux genouillères rouges à côté de la naine s’appelait, il lui semble, Bertrand Bonnet (Elle est sûre du nom mais pas de la personne) et Elle était follement amoureuse de lui… (Bertrand, si tu te reconnais…)

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Ici l’année suivante, dans la même école…

 

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(Oui, je sais, ça fait peur…nos mères étaient sans état d’âme sur la question vestimentaire, n’est-ce pas ?…)

1983 : Collège privé de la Providence, classe de 6ème B. Elle ne sait quel âge ont les filles du dernier rang, mais on dirait des vieilles !! La fille aux cheveux oranges et l’air flingué (2ème rang, 2ème en partant de la droite) s’appelait Géraldine Heurel, la 4ème en partant de la gauche au premier rang, Karine Vayssette(s?), très sympa.

Ami lecteur, amie lecteuse, sauras-tu retrouver la Femme coupée en deux sur ces deux photos ?

[Edit : Elle en a trouvé encore une autre sur le site, mais  préfèrerait coucher avec Julien Courbet que la montrer... niveau vestimentaire c'est pire, là c'est Elle qui choisissait ses fringues... et je te rappelle que nous étions dans les années 80,  so no comment]

Celle qui ouvrait les tiroirs…

Il lui fallait un peu de temps… non pas pour oublier  – ce serait renier – mais pour que la petite musique se fasse chuchotement…

Ecrire a toujours été pour elle une nécessité aussi vitale que celle de respirer, écrire partout et tout  le temps, les choses douces et les jours amers, la vie en vrai… une nécessité parce que sans cela tout finit par s’estomper, se fondre… avec le temps.

Elle a donc décidé de continuer.

L’été dernier  après les noces Lu-princières, elle se rendit chez sa tante. La soirée s’étirant doucement, elle réclama que la tante ouvrit le vaste buffet de la salle à manger, afin d’y dénicher quelques clichés de « quand elle était petite ». Elle découvrit un trésor, soigneusement gardé dans une boîte de plastique gris, des centaines de diapositives, des images oubliées du bonheur de l’enfance… une étiquette poussiéreuse indiquait « 1977 – 1979″.

Il était une fois…

La tante Jocelyne et son mari Robert, qui l’ont élevée et choyée quelques années… l’oncle travaillait au marché-gare, (en d’autres temps on aurait dit un « fort-des-halles »), la tante élevait sa -déjà- nombreuse nichée, et tricotait occasionnellement des modèles d’exposition pour Phildar. C’étaient des gens braves et honnêtes, toujours prêts à rendre service, d’un courage et d’une générosité sans bornes.

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(ici avec C., leur 3ème enfant)

Nous vivions en « hachélème ». L’odeur doucereuse de la soupe et du savon de Marseille, le carrelage de la cage d’escalier – agrégat de marbre beige-crème ponctué de quelques morceaux plus sombres - que j’ imaginais fait de nougat, le reflet d’un bloc de verre carré semblable à un gros glaçon qui dessinait des arcs-en-ciel sur le mur, je me souviens de tout cela avec une telle netteté…

Au début, trois adultes (le couple et un autre oncle qui sortait de « convalescence » -j’en ai parlé plus bas -), et quatre enfants (les trois du couple :  deux garçons, une fille et moi).

L’aîné, M. dont on a longtemps ignoré le secret… mon préféré, nous nous battions et dormions ensemble comme de petits chats…

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Ici, le « couple de l’année », à l’occasion de la fête de l’école maternelle de la Cité Mion… les costumes avaient été patiemment cousus par la tante…car on ne pouvait, bien entendu, se permettre une telle dépense… à l’arrière plan, sur la télé, on peut apercevoir une kitscherie monumentale que je mis un moment à reconnaître : le couple d’espagnols qui danse le flamenco, deux  »poupées mannequin » habillées de circonstance, mais avec lesquelles il était strictement interdit de jouer. Tout le monde avait cette horreur chez soi à l’époque. Dans notre région, du moins… le comble du raffinement étant de posséder également le taureau en velours ras, en réalité de véritables saloperies nids à poussière…

Pour l’anecdote, la tante oublia un jour M. à l’épicerie « Au bon Lait » (qui devint plus tard « Coop »). Le mioche attendit dans le caddie sans mot dire, aux bons soins de l’épicière (Mâââme Taraire) qui l’avait roulé à côté de sa caisse… Il ne fut fait aucun reproche à la tante, mais elle en conserva une grande honte.

Ici ta dévouée narratrice, fièrement encombrée d’un poupon joufflu et fessu… un beau cadeau de Noël ?

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Ah oui, répondit la tante, amusée : c’est D. (le cousin-si-aimé) !!

Il parait que je ressemble à Barbalala…

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(on était beaux, hein…)

Le poupon n’a pas beaucoup changé en trente ans : toujours aussi rond, toujours sur le canapé… il a aujourd’hui deux filles.

La suivante, C. , blonde comme une poupée… elle a aujourd’hui un garçon et une fille…

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Une autre, S. dont on ne parle pas et dont il ne reste rien, décédée lorsqu’ elle était bébé… puis deux autres garçons, la tante eut en tout 6 enfants, et éleva tous ceux qu’on lui confiait (ce qui au final fit presque le double…). Le séjour pouvait durer de quelques heures à quelques années… L’enfant pouvait tout aussi bien être un lointain parent ou même une petite voisine dont la maman « était partie »… Ce qui fut le cas pour A., dont la quatrième enfant est née hier matin…

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(Ben ouais, comme dirait l’autre, « ça part de là »…)

Famille nombreuse, famille heureuse… Famille Formica : peu d’argent, jamais de « vraies vacances », mais de l’amour, des « Rivoire & Carret », et des taloches distribués avec une générosité et un sens de l’équité qui forcent l’admiration…

Et aussi : les guimauves de chez Deleuze (un vrai luxe, même et surtout aujourd’hui), dont on achetait seulement les chutes de découpe, vendues à moitié prix… les pots de yaourt en carton « La-Roche-aux-Fées », recouverts d’une fine pellicule de cire… les polaroïds, Sylvie Vartan… l’odeur du Spic (si tu ne sais pas ce que c’est, demande à ta mère…), les boules de bois, lisses comme des galets, au bout des accoudoirs des fauteuils… les poésies de Robert Desnos,  il lui suffit de fermer les yeux pour se souvenir de tout cela avec ravissement. Il lui manquait juste les images, c’est chose faite…

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(Ici, 3 décennies plus tard… de gauche à droite : R., (le dernier enfant de la tante), sa mère, moi et mon « poupon »…)




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