Archive mensuelle de mars 2009

Celle qui croyait encore aux miracles…

La Femme coupée en deux a perdu 20 ans, en l’espace de quelques mois/semaines, elle ne sait plus très bien, cela n’a aucune importance. Non, la petite ride amère qui la nargue le matin sous la lumière impitoyable de l’ascenseur ne s’est pas transformée en fossette délicieuse, non les quelques fils d’argent auxquels elle refuse de toucher n’ont pas disparu… (n’est pas Isabelle Adjani qui veut, hein…)

C’est juste que son coeur fond lentement mais sûrement (comme le chocolat N*stlé dessert sur la poire, tu vois ?), pour un garçon ordinaire, rien de plus, rien de moins.Le truc improbable. Il est entré dans son coeur par effraction, tombé du ciel dans la voiture du cousin-si-aimé, ça a fait craaaaaaac dans ses entrailles à elle, et depuis…

Il y met du sien, il faut dire, la raccompagne sur le quai et attend le train – un de ceux qui arrivent trop vite – avec elle, enterre son téléphone portable, arrive ruisselant de pluie sur son destrier (elle a peur, parfois – ne roule pas vite surtout, je t’attendrai [toujours])

Il est gai comme un Italien, aime le vent et la vie… met des mots justes sur les choses… Elle aime cette petite cicatrice presque invisible sur la lèvre, et courir, toujours, pour arriver avant lui, pour ne pas le faire attendre… pour voler quelques minutes au temps…

Elle sait, pourtant, qu’il la décevra sans doute, qu’elle risque de s’y brûler les ailes une fois de plus… tout cela a un goût de déjà-vu, (il ressemble comme un frère au héros de la voltige), mais peu importe cela vaut toujours mieux – elle le pensait – que de ne plus aimer, jamais… Tout vaut mieux que le silence assourdissant.

Il dit « Tu es libre… », il ignore que tout cela la rend plus forte… que de son rire en cascade, il a jeté au vent les larmes et les rancoeurs…

Le cousin-si-aimé rit de la voir ainsi… il se moque gentiment, le bougre… lorsqu’à 16 heures de l’après-midi elle dégage des effluves de dentifrice, lorsqu’elle lui demande (devant le héros qui ignore le private-joke) de lui prêter sa bagnole limousine… Elle répond qu’elle ne court pas après, mais au-devant, ça change tout…

Ami lecteur, tu peux rire aussi, aujourd’hui c’est tournée générale.

Petit conte angélique…

Deux anges s’arrêterent pour passer la nuit dans la maison d’une famille aisée. La famille était mauvaise et refusa que les anges demeurent dans la chambre d’amis de la maison. A la place, ils les laissèrent dormir dans une petite pièce dans le sous-sol froid.

Pendant qu’ils faisaient leur lit sur le sol dur, le plus âgé des anges aperçut un trou dans le mur et le répara. Lorsque le plus jeune demanda pourquoi, il répliqua : « Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent ».

La nuit suivante, nos compères arrivèrent pour se reposer dans une maison où les gens étaient vraiment pauvres mais où le fermier et sa femme était très hospitaliers. Après avoir partagé le peu de nourriture qu’ils avaient, le couple laissa les anges dormir dans leur lit pour qu’ils aient une bonne nuit de sommeil. Lorsque le soleil se leva le lendemain matin, les anges trouvèrent le fermier et sa femme en larmes. Leur unique vache, de laquelle le lait était une bénédiction, gisait morte sur le sol.

Le plus jeune des anges était furieux et demanda au plus âgé comment il avait pu laisser faire cela. « Le premier homme avait tout et tu l’as aidé », accusa-t-il. La deuxième famille avait peu mais était disposée à tout partager et tu as laissé sa vache mourir.

« Les choses ne sont pas toujours comme elles paraissent », répliqua le plus vieux des anges. « Quand nous somme restés dans le sous-sol de la maison, je me suis aperçu qu’il y avait de l’or caché dans ce trou dans le mur. Etant donné l’obsession du propriétaire pour l’argent et sa volonté de ne pas partager sa fortune, j’ai scellé le trou afin qu’il ne le retrouve plus ».
Et la nuit dernière, lorsque nous étions endormis dans la chambre du fermier, l’ange de la mort est venu chercher sa femme et je lui ai donne la vache à la place.
Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent… »

Le billet…

Une grande enveloppe du service de l’état-civil. C’est donc vrai. Un billet me confirme l’évidence. Un texte laconique, tapé avec une machine d’époque. Une date soigneusement découpée en toutes lettres. Le dix       neuf [...]     mil      neuf     cent [...]. C’est drôle, j’ai toujours cru que c’était le seize…

Il y a notre adresse. Je suis souvent passée devant, cela forme comme une « traboule », quelques boites aux lettres en métal déglinguées, une cour mal pavée, un escalier miniature…

Il y a son nom à « elle ». Et pas le mien.

Et aussi celui d’une certaine « Jeanne », 55 ans. Et d’une « Viviane », sans âge. La première a signé une sorte de clef de sol, la seconde s’est appliquée à souligner son nom.

Et c’est tout. C’est tout ce qu’il reste.

Le pire, tu veux que je te dise, c’est que la Faucheuse avait sans doute son carnet de bal bien entamé ce soir-là… ou avait-elle l’humeur paresseuse.

Le billet dit –  et je l’ignorais – que nous sommes décédés à quelques mètres l’un de l’autre…

Le gamin…

Tu n’as pas 15 ans. Tu me tends un vague papier chiffonné, sans un mot. Je n’ose pas te dire « non », alors je te fais un petit geste de la main. Ton doigt tendu est plus éloquent, il pointe vers la baguette de pain qui dépasse de mon sac.

Je t’en donne un tiers. Pour la première fois j’ose regarder tes yeux. Noirs. Tristes et épuisés.

Je cherche encore, dans mon sac il y a toujours un petit quelque chose destiné à Barbalala…J’y déniche une pomme.

Ton rire d’enfant a surgi de toi comme un cri de victoire. Je t’observe, un peu  »fascinée », dévorer le fruit, qui semble presque fluo dans ta menotte crasseuse.

[On t'a dit que la France c'était l'Eldorado ? Figure-toi, mon enfant, que tout à l'heure, j'ai vu des gens se disputer devant la boulangerie, parce que l'un d'eux, pour nourrir sa nombreuse progéniture, a acheté 12 pains d'un coup...]

Lorsque je descends du tramway, tu me salues joyeusement de la main… Ton rire, gadjo dilo, je l’entends encore résonner en moi comme la mélopée  d’un violon tzigane.

Inès de la fressure…(paradoxe alimentaire)

Ceusses qui connaissent un peu la Femme coupée en deux savent qu’elle ressemble un peu, de près ou de loin, à Inès de la F… à quelques centimètres (de hauteur) près…

Mais là n’est pas le propos, ami lecteur, à moins que tout cela ne soit qu’une question de régime alimentaire.

Samedi matin justement, imagine-toi la Femme coupée en deux au rayon boucherie de Ca**fou*, en train de soupeser une barquette contenant une matière étrange nommée non moins étrangement « fressure d’agneau ». Survint un aimable quinquagénaire qui soupèse également, du regard et de la main, ladite chose.

Echange de regard entre les deux protagonistes, chacun sa barquette à la main. Interrogation mutuelle « qu’est-ce donc que cette chose ? » Sourires.

Elle : – Vous avez une idée de ce que c’est ?

Lui : - Non… mais ce n’est pas très cher.

Elle : – C’est vrai. Mais je ne voudrais pas que ce soit comme… (elle hésite) vous savez… l’astrakan ?

Lui : – Oui…

Elle : – J’ai toujours cru que l’astrakan était une race particulière, un peu comme le mérino. Et puis j’ai vu un reportage…

S’ensuit une aimable discussion, puis tout de même, afin d’en avoir le coeur net, la Femme coupée en deux va demander au garçon boucher.

Elle : – Qu’est-ce donc ?

Lui : – Ben c’est de la fressure, quoi…

Elle : – Je vois bien, c’est écrit dessus. Mais c’est quoi ?

Lui : – Ben c’est tout l’intérieur, quoi. Le foie, le coeur, l’oesophage.

Elle : – Ah. Les poumons aussi ?

Lui : – Oui, mais il ne faut pas les manger. De toute façon c’est pas bon.

Elle : – Mais pourquoi vous les vendez avec, alors ?

Lui, un tantinet agacé : – Parce que c’est comme ça…

 

La Femme coupée en deux se demande si elle ne va pas devenir végétarienne.

Et puis non. Finalement elle s’est offerte une bourriche d’huitres. Des fines de claire de l’océan, qui sont à celles d’ici ce que le Chanel n° 5 est au Narta, tu me suis ? Et elle les mange avec délectation, en puriste, c’est à dire sans une goutte de citron.

Parce que sinon, ça les tue.




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