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Archive mensuelle de janvier 2009

On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a…

C’est pas grave (voir note précédente). Elle s’en remettra.

En attendant, amies lectrices, si vous avez de petits enfants à gâter, sachez que la Femme coupée en deux ouvre en quasi-permanence sa malle aux trésors sur ebay… (en ce moment vous avez des t-shirt CLAYEUX neufs avec étiquette, entre autres…)

Il suffit de cliquer sur le lien à droite « ma petite boutique »…

Cela fait 3 ans qu’elle arrondit ses fins de mois comme cela…

Celle qui avait des boules grosses comme ça…

Pour célezéceusses qui ont suivi, la Femme coupée en deux cherche du travail.

Elle a dépoussiéré son CV.

Elle a, sans aucune honte, pompé deux lettres de candidature lambda sur Go*gle et en a fait un puzzle chatoyant.

Elle a déposé lundi dès potron-minet une première candidature, directement dans la boite à lettres (motivée, c’est à l’autre bout de la ville…)

Elle a reçu un coup de fil d’un monsieur très calme et très gentil qui lui proposait un rendez-vous, suite à cela.

(Imaginez-là en train de danser sur un air de samba, sous le regard éberlué de Barbalala…)

Elle a été reçue par deux monsieurs très sérieux, et s’est lamentablement pris les pieds dans le tapis lorsqu’on lui a demandé pourquoi elle n’avait pas recontacté la boite merdique dans laquelle elle a gâché 6 ans de sa vie      son ancien employeur à la fin de son congé parental.

ça lui apprendra à partir trop confiante. C’est pas grave, elle récidivera.

Parallèlement à ça, comme il faut bien vivre entretemps, elle a déposé auprès de cette chère A. Sédic un bon gros dossier comme elle les aime, avec tous les justificatifs correspondants, et tant qu’à faire, une demande d’indemnisation (dûment simulée sur Internet auparavant – oui, la Femme coupée en deux simule à la perfection – )

Son dossier, amoureusement concocté, s’est retrouvé entre les mains d’une fille pleine de bonne volonté, puis dans les mains d’une stagiaire zélée à qui on n’avait surtout pas demandé de l’enregistrer, puis dans les mimines d’une secrétaire qui avait inscrit dessus « à enregistrer au 31/12/2009″ (sic!!!!!!!), puis dans les mains d’un facteur anonyme. Il se promène.  Depuis le 23/11. Elle aussi, mais dans l’autre sens, il faut croire.

En attendant elle a consulté pour la 30ème fois le site ce soir.

Son dossier serait en attente de décision. Bien. Ils ont enfin fini de se refiler la patate chaude…

Son allocation devrait être de…

(ami lecteur, j’espère que tu es assis…)

12 euros 67 par jour !!! (l’attente de décision, c’est pour savoir s’ils vont les lui donner ???)

 

 

Elle a deux grosses boules, là, tu vois ?

Mon petit ami (et les questions métaphysiques qui vont avec…)

Avant-hier, en rentrant de l’école avec Mamaman, nous avons trouvé un petit oiseau tout seul, tout mouillé et tremblant de froid et de peur. Nous l’avons ramené aussitôt à la maison. J’ai décidé qu’il fallait absolument le soigner (j’ai pour cela une boîte de pansements toute neuve, mais Mamaman a dit qu’il ne fallait surtout pas lui en coller dessus, quel dommage…)

Mamaman a tenté de lui donner une boule de graines comme celle qu’elle donne aux mésanges, mais il n’avait pas faim. Elle lui a donc préparé une bouillie avec un jaune d’oeuf dur et du muesli. J’étais toute contente, vous savez, de le voir manger à côté de moi…c’est ravissant, disait Mamaman…

Ensuite il a bien voulu regarder un DVD avec moi, je crois qu’il a apprécié de voir à quel point Barbapapa il est cool avec les animaux…

Lorsque je suis rentrée de l’école le soir, mon nouveau copain était toujours là, caché dans le ficus de Mamaman.

Mais.

Oui, il y a toujours un « mais » dans le monde des adultes, vous avez remarqué ? Celui-là est de taille : nous avons un chat, un bon gros chat bien con, à qui je raconte des histoires, à qui je lisse les oreilles douces comme du velours…

Mamaman, après avoir constaté que l’oiseau était apte à traverser la Manche sans escale, a tenté pendant une bonne heure de lui (nous) faire comprendre que la vérité est ailleurs, qu’il devait retourner dans la nature, dans les arbres tout près, qu’il pourrait revenir quand il voudrait, etc…il commençait à faire vraiment froid dans la maison, le chat faisait des bons de 3 mètres au moindre mouvement, refusant obstinément d’aller dans la cuisine, le poil si hérissé qu’il avait triplé de volume…

- Comme tu voudras, a dit Mamaman à l’oiseau…

Je suis allée me coucher avec la joie de savoir qu’il serait là le lendemain…

Il a passé la nuit sagement dans le ficus, et le chat dans la cuisine. Mamaman nous a préparé le petit déjeuner… a de nouveau tenté de le convaincre…

Et au moment de partir à l’école, lorsque je suis allée dans la cuisine, j’ai trouvé un petit tas de plumes et une espèce de truc tout mâché…

- Oh là là, qu’est ce qui s’est passé ? j’ai dit à Mamaman.

- C’est le chat qui a bouffé le petit oiseau, ma puce…

Elle a répondu d’un air calme, en disant que c’était la vie…

N’empêche. Le chat s’est fait engueuler, et moi c’était la première fois que je voyais un cadavre pour de vrai. Et pour commencer une journée d’école, c’est quand même pas ce qui se fait de mieux en ce moment…

Bien à vous,

Barbalala.

Celle qui cherchait du boulot…

La Femme coupée en deux doit retourner au charbon. Ce n’est vraiment pas de gaieté de coeur, mais c’est ainsi. Il faut dire qu’elle s’était drôlement vite et drôlement bien habituée à nager dans les effluves de M*stela, à faire de la peinture avec Barbalala, à élever des coccinelles, à faire de loooooooooongues siestes…

(Rachida, si tu me lis, tu ne sais pas ce que tu perds…)

Mais. Trois années ça passe vite, tudmêm.

Et toutes les bonnes choses ayant une fin, il faut que la Femme coupée en deux trouve un travail (pas trop pénible, pas trop loin, raisonnablement payé, avec des horaires corrects et un patron gentil…)

Première annonce, trouvée par hasard dans le journal sur lequel elle épluche les patates : secrétaire pour un club de sport (on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a…)

Elle a dépoussiéré son cévé. Elle a téléphoné à son ex-binôme pour récupérer une fiche de poste. Puis elle hésite.

Dans son autre vie, pendant 6 ans elle a été la secrétaire d’un fou dangereux, mauvais comme une teigne de surcroît… violent dans ses propos comme dans ses actes…elle a tenu bon, jusqu’au burn-out… jusqu’au jour où il a lu dans ses yeux qu’elle allait lui péter laggle, cette fois-ci.

L’annonce de la naissance de Barbalala a mis fin à son contrat, avec une satisfaction aussi peu dissimulée que réciproque.

Et maintenant ?

La Femme coupée en deux, pour se donner du courage, se dit que si Melle Vivi a trouvé un job en or, après 8 ans de congé parental et 3 loulous qui se castagnent dans le monospace sur le parking pendant l’entretien d’embauche, elle peut en faire tout autant, non ?

A mon obstétricien…

Cher Docteur, cher ami,

Cette petite missive pour vous dire que ce soir nous avons encore longuement parlé de vous, Mme B. et moi… Nous nous sommes félicitées de vous avoir choisi pour exercer le noble art qui consiste à faire voir le jour à nos enfants chéris…

Merci d’exercer avec sagesse et justesse, merci de nous avoir écoutées, comprises, grondées un peu même parfois… Merci d’avoir posé la bonne question lorsqu’il le fallait, merci d’avoir donné des réponses sans les dire vraiment.

Vous m’avez fait réfléchir, cher ami, sur le sens véritable de la vie, sur l’Humanité, avec un humour parfois caustique, mais tellement vrai.

Merci de m’avoir « fait » une si jolie petite, née comme un miracle, merci de m’avoir visitée chaque matin…d’avoir promené Barbalala avec vous lors de vos tournées…de m’avoir emmenée aussi lorsque j’ai pu me lever, vous me donniez le bras, on marchait lentement, je dois dire que j’étais un peu fière…

Vous savez si bien faire en sorte que chacune de nous se sente unique à vos yeux… même les petites nurses roses et blanches en sont toutes émues, puisque vous faites de même avec elles….

Vous êtes un excellent Wilbur Larch du 21ème siècle (l’éther en moins, ça va de soi…)

Mille mercis donc, cher docteur, et que cette nouvelle année vous apporte encore un millier d’enfants, puisqu’il faut croire que vous ne vous lassez pas…

Une qui savait parler aux dames…

La Femme coupée en deux a horreur du sang. Celui des autres surtout et le sien en particulier… elle a failli tourner de l’oeil (et même des deux) maintes fois à cause de ça… et a ainsi raté une belle carrière d’infirmière…

Par conséquent, lorsque pour une raison médicale il lui faut se rendre au laboratoire se faire prélever quelques gouttes du précieux nectar, elle ne se résoud à tendre le bras au joli et gentil « technicien », qu’à condition que celui-ci promette juré-craché de la traiter comme une enfant de 5 ans, c’est dire…

Or, il advint un jour de malchance que le gentil jeune homme fut remplacé par une thénardière matronne, grise et mauvaise…

La Femme coupée en deux, alors très enceinte de Mademoiselle M, terrorisée, se cramponnait au siège en skaï en implorant mentalement Sainte Rita, patronne des causes désespérées…

- Pas la peine de faire cette tête, mon enfant… qu’est ce que ça sera le jour de l’accouchement…

- [...]

- Parce que c’est rentré…. faudra bien que ça sorte !!

C’est dans ces moments délicieux que la Femme coupée en deux rêve d’une lampe magique, qu’il suffirait de frotter, pour faire apparaitre, par magie, Undertaker dans son habit de lumière…

Responsables mais pas coupables…

Deux enfants en bas âge qui décèdent à l’hosto en une semaine…

Peu de moyens disent les uns (et c’est vrai), manque d’attention disent les autres, et ce n’est pas faux…

Je me souviens d’avoir emmené Barbalala, alors âgée de 7 mois, aux urgences du CHU (très réputé) de notre bonne ville, pour cause de vomissements quasi-ininterrompus en pleine nuit (elle « gerbait » – c’est le mot exact – des litres et des litres…) elle était jaune comme un coing, les yeux cernés de noir style panda…

Après 3 heures d’attente dans ce qui tenait davantage de la cour des miracles que d’une salle d’attente, le médecin n’avait pas vu qu’elle avait 39 ° C de fièvre… Ni sur le dossier sur lequel elle était en train d’écrire (!!)  ni sur Barbalala, et pour cause, elle ne s’était même pas approché d’elle pour l’examiner…

Elle s’était contentée de nous donner un biberon de réhydratation (il a fallu que je « réclame » quelque chose pour la fièvre qui ne baissait pas…) et de lui allouer un lit dans un couloir, très fréquenté à cette heure de la nuit, un vrai hall de gare. Manque de moyens, je sais…

J’avais refusé de laisser Barbabelle,  et le même médecin m’avait dit des mots doux visant à me culpabiliser…

Vous risquez le décès de l’enfant, m’avait-elle dit. Vous serez l’unique responsable si elle « y passe »…

C’est là, à mon sens, que se traduit la « médecine à deux vitesses ». En effet, seules les petites fourmis vaillantes que sont les infirmières et autres aides-soignantes ont su nous apporter ce dont nous avions (aussi) besoin cette nuit-là. De l’eau, une couverture, un sourire, du réconfort…

Leur dévouement est bien supérieur à celui de certains « pontes », et c’est sur leurs épaules fatiguées que reposent bien des responsabilités en bout de chaîne…

 

Les chemins de traverse…

 On dirait que tu serais revenu de Bangkok…

On dirait comme ça que ce serait, sans doute, un vendredi comme un autre, au delà des saisons.

On dirait comme ça qu’on suivrait en courant les chemins de traverse, ivres, fous, tremblants, les mains gelées…

On dirait comme ça que tu me donnerais des ailes…le feu et la glace.

Comme si…

Et puis après l’orage, je lancerai vers le ciel des sortilèges pour que le crépuscule ne cesse jamais de brouiller l’horizon.

Pour que tu ne dises pas : – Il faut que je rentre avant la nuit, elle n’aime pas attendre. 




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