Archive mensuelle de mai 2005

Blanc…

La neige de la ville n’est qu’une illusion de netteté, où les passants pressés laissent leur trace, dans un bruit mat et mouillé. La neige de la ville est devenue un sorbet sale, qui ne durera pas sous l’insolence du grand soleil d’ici.

Elle a réussi à trouver la chaleur originelle et rassurante des draps, autre neige, unique, douce et pure. Elle a prétendu avoir de la fièvre. D’un geste péremptoire, l’infirmière sans âme lui a tendu un thermomètre. Il suffit de tapoter doucement et régulièrement le côté sans mercure contre la paume de sa main, pour que l’instrument affiche une température minimale de 38,5 °C, indispensable sésame pour être dispensée de gymnastique au grand air…

La peinture du mur s’écaille par endroits, dessinant une géographie qu’elle seule connaît par cœur.

En vérité, c’est d’une autre fièvre qu’elle souffre, impalpable, invisible, permanente… (incurable ?)

La magie du froid a transformé la vitre en papier calque, estompant l’univers et ses bruits. Magie qui matérialise en buée, comme les bulles des bandes dessinées, les rires des enfants et les mensonges des adultes…

Elle contemple la petite planète qui s’éparpille au fond de son verre en tournant sur elle-même, laissant dans son sillage de minuscules points de suspension, matière dispersée au goût amer-salé [comme les larmes].

Elle a lu dans les pages roses du Larousse : « qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ».

Alors oui, se couler en douce dans le cocon-coton des draps anonymes, et oublier l’hiver…




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